Liberia: pressions internationales pour éviter une manifestation à risques

27 décembre 2019 à 19h46 par AFP

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Les Nations unies et la Cédéao ont exhorté vendredi le gouvernement et l'opposition au Liberia à redoubler d'efforts dans leur pourparlers pour éviter que se tienne lundi une grande manifestation, jugée à risque, alors que le pays dirigé par George Weah traverse une grave crise économique.

Une délégation de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et du Bureau des Nations unies en Afrique de l'Ouest et au Sahel a effectué une mission de bons office jeudi et vendredi dans ce pays anglophone, l'un des plus pauvres au monde.Après avoir rencontré le président George Weah, plusieurs de ses ministres, le Conseil des Patriotes (COP, opposition), et des chefs traditionnels et religieux, la délégation s'est réjouie de "la volonté générale d'annuler la manifestation du 30 décembre si des actions spécifiques sont prises pour résoudre les problèmes de gouvernance et les difficultés économiques à l'origine des tensions actuelles", selon un communiqué commun des deux organisations.A l'approche de la manifestation, la tension est montée ces dernières semaines. Le pouvoir reproche à l'opposition d'appeler à "l'éviction inconstitutionnelle" du président Weah. L'opposition, quant à elle, ne voit "pas ce qu'il y a de mal à dire que le président doit démissionner" et maintient son appel à manifester pour réclamer une amélioration des conditions de vie de la population d'un pays affligé par la pauvreté, la dévaluation de sa monnaie et l'inflation, et cherchant toujours à panser les plaies d'une guerre civile destructrice.Dans leur communiqué, les médiateurs reconnaissent que George Weah, au pouvoir depuis janvier 2018, a été élu "démocratiquement" pour un "mandat de six ans". Ils soulignent aussi l'importance du droit de rassemblement, tout en en appelant à la responsabilité de tous afin d'éviter les violences.Les diplomates saluent la volonté du gouvernement de trouver des solutions pour faire baisser la tension, tout en lui demandant "d'en faire plus".L'ONU et la Cédéao proposent la mise sur pied d'un dialogue sincère entre le pouvoir et l'opposition afin "d'éliminer le recours excessif aux protestations et manifestations", alors que les deux camps se regardent en chiens de faïence depuis des mois.Alors que des discussions en cours entre pouvoir et opposition n'ont pas abouti à un accord, la délégation internationale "exhorte toutes les parties à travailler pour que la manifestation imminente soit annulée, dans l'intérêt général du Liberia et de la sous-région".