Libye: une raffinerie bloquée par des manifestants

13 novembre 2013 à 10h41 par La rédaction


Tripoli (AFP)

La raffinerie de pétrole de Zawiyah dans l'ouest libyen qui fournit environ 18% du carburant consommé dans le pays, est bloquée depuis lundi soir par d'anciens combattants rebelles réclamant des soins médicaux, a annoncé un porte-parole de la raffinerie.

"Des blessés de la révolution empêchent toute activité à la raffinerie.Ils ont fermé deux entrées avec des monticules de sable et se tiennent debout devant la troisième, empêchant quiconque d'entrer ou de sortir", a indiqué à l'AFP Ihab al-Hmidi.

La raffinerie qui produit environ 120.000 barils par jour de carburant et dérivés de pétrole, couvrant 70% des besoins de la région ouest, "est actuellement à l'arrêt", a-t-il indiqué.

Les protestataires réclament des soins pour les blessures subies pendant la lutte contre les forces de Mouammar Kadhafi en 2011.

Ces manifestants avaient déjà bloqué la raffinerie à deux reprises en 2012.

Mercredi, des files d'attentes ont commencé à se former devant les stations services dans la capitale et ses banlieues, par crainte de risque de pénurie de carburant.

Un porte-parole de la Compagnie nationale de pétrole (NOC), Mohamed al-Hrairi, a assuré toutefois que "le problème sera résolu rapidement" et que le pays dispose de réserves suffisantes qui pourraient couvrir les besoins durant 20 jours.

Les Libyens cherchent souvent à obtenir des soins médicaux à l'étranger en raison des mauvaises conditions d'accueil dans les hôpitaux du pays.Un programme mis en place par le gouvernement de faire soigner les anciens rebelles à l'étranger avait été arrêté après de nombreux abus.

Le pays, dont l'économie dépend à plus de 90% des revenus pétroliers, fait face à une crise sans précédent, après le blocage depuis le mois de juillet de plusieurs sites pétroliers dans l'est du pays, par des protestataires, faisant baisser la production (1,5 mbj) de 80%.

Cette crise s'est aggravée ces deux derniers jours après la suspension lundi de la livraison de gaz à l'Italie, par la minorité Amazighs protestant pour l'inscription de leurs droits culturels et ethniques dans la future Constitution.

Des Amazighs armés ont ainsi bloqué le complexe gazier situé près de la ville amazighe de Zouara, à 100 km à l'ouest de Tripoli, géré par Millitah Oil and Gas, une société mixte détenue à parts égales par le groupe énergétique italien ENI et la NOC.