Malgré les sanctions, les armes ont continué à affluer au Soudan du Sud, selon une ONG

Par AFP

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Même s'il est soumis à des embargos sur les armes, le Soudan du Sud, en guerre civile depuis décembre 2013, a continué à recevoir de l'armement, qui a transité le plus souvent par des pays voisins, selon un rapport de l'ONG britannique Conflict Armament Research (CAR) publié jeudi.

Au terme d'une enquête de quatre années, CAR a établi comment des pays de la région, en particulier l'Ouganda, avaient contourné les embargos pour alimenter en armes les protagonistes de la guerre au Soudan du Sud, qui a fait plus de 380.000 morts selon une étude récente.Si le Conseil de sécurité des Nations unies a attendu juillet 2018 pour imposer un embargo sur les armes au Soudan du Sud, l'Union européenne (UE) avait interdit dès 1994 à ses États membres de vendre directement des armes au Soudan. Elle avait amendé cet embargo pour inclure le Soudan du Sud à son indépendance du Soudan en 2011.Malgré tout, l'armée gouvernementale, l'Armée de libération du peuple soudanais (SPLA), n'a jamais été à cours d'armement et a continué à recevoir des armes fournies par l'Ouganda et provenant parfois d'Europe ou des États-Unis, explique CAR.Les rebelles de la SPLA-IO (SPLA en opposition) ont éprouvé beaucoup plus de difficultés à se doter en armes et ont souvent dû se contenter de celles prises à l'ennemi, ajoute l'ONG dans son rapport.Le directeur général de CAR, James Bevan, a indiqué que son organisation avait mené "une enquête exhaustive, de terrain, sur le type d'armement utilisé", qui l'avait amenée à recenser des centaines d'armes et plus de 200.000 munitions."Le résultat, c'est une photographie scientifique de la manière dont l'interdiction sur les transferts d'armes aux parties en guerre a échoué", a-t-il estimé.