Massacre de civils au Cameroun anglophone: Yaoundé réfute les accusations de HRW

Par AFP

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Le gouvernement camerounais a réfuté les récentes accusations d'Human Rights Watch (HRW) qui estimait que l'armée était responsable du meurtre, mi-février, d'une vingtaine de civils, dont des enfants, dans la région anglophone du Nord-Ouest du Cameroun.

HWR avait accusé mardi dans un rapport "les forces gouvernementales" et une milice peule alliée, d'avoir perpétré ce massacre le 14 février dans le quartier Ngarbuh du village de Ntumbaw (Nord-Ouest)."Le gouvernement rejette en bloc les allégations contenues dans ce rapport de Human Rights Watch", a réagi jeudi soir son porte-parole, René Emmanuel Sadi, ministre de la communication, dans un communiqué.Le président Paul Biya "a prescrit une enquête, en vue de clarifications approfondies de tous les aspects liés à cet incident", a assuré M. Sadi, regrettant que HRW, tout comme d'autres ONGs, se soit "empressée de publier un bilan erroné de ce regrettable incident ", alors que les investigations sont en cours.Le président camerounais a accordé "huit jours" aux enquêteurs pour boucler le travail, a révélé la télévision d'Etat CRTV en citant le gouverneur de la région administrative du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique, sans précision sur la date du début des investigations.Survenu le 14 février, le drame à l'origine de la polémique a coûté la vie, selon l'ONU, à 23 civils, dont 15 enfants (neuf de moins de 5 ans) et deux femmes enceintes."Les forces gouvernementales et des membres de l'ethnie peule ont tué au moins 21 civils, dont 13 enfants et une femme enceinte (...) dans des conditions horribles", a écrit pour sa part HRW dans son rapport de mardi.Pour l'ONG, qui cite des témoignages, les meurtres ont été commis par 10 à 15 "militaires du Bataillon d'Intervention Rapide (BIR), unité d'élite de l'armée camerounaise, et au moins 30 Peuls armés".HRW "ne dispose d'aucune preuve matérielle susceptible d'étayer ses affirmations", lui a rétorqué M. Sadi.L'armée avait déjà démenti dès les premiers jours, assurant qu'il s'agissait des conséquences d'un "malheureux accident" - l'explosion de conteneurs de carburant consécutive à des échanges de tirs entre soldats et rebelles séparatistes - et n'a évoqué la mort que de 5 civils.Le porte-parole du gouvernement met en revanche en avant les "centaines de membres des Forces de Défense et de Sécurité, décapités, émasculés, torturés ou enterrés vivants par des bandes armées sécessionnistes".Depuis 2017, les combats entre militaires et groupes armés séparatistes, mais aussi les exactions et crimes commis par les deux camps selon les ONG, a fait plus de 3.000 morts en trois ans et 700.000 déplacés.