Maurice: l'opposition largement en tête des législatives selon les 1ers résultats

11 décembre 2014 à 15h05 par La rédaction

Port-Louis (�?le Maurice) (AFP)

La coalition de l'opposition mauricienne possédait jeudi une large avance, selon les premiers résultats partiels publiés au lendemain des législatives, un scrutin décisif pour l'avenir institutionnel de l'île.

Selon les premiers chiffres communiqués par la Commission électorale après dépouillement d'environ 40% des bulletins, la coalition Lepep (Le Peuple), dirigée par l'ex-président et ancien Premier ministre Anerood Jugnauth, est en tête, parfois largement, dans la majorité des 21 circonscriptions du pays.

Même si le dépouillement, entamé jeudi matin, est loin d'être achevé, les médias mauriciens s'accordaient à prédire une large victoire de la coalition Lepep.

Les premières projections lui donnent 46 sièges contre seulement 14 à la coalition composée du Parti travailliste (PTr) du Premier ministre sortant Navin Chandra Ramgoolam et du Mouvement militant mauricien (MMM) de l'ancien chef du gouvernement Paul Bérenger.

Du résultat final de ces législatives dépend l'avenir d'un projet de réforme constitutionnelle, porté par la coalition PTr-MMM et combattu par la coalition Lepep.

Ce projet doit modifier profondément les institutions de Maurice, pays indépendant et démocratie stable depuis 1968.Il prévoit que le président de la République, aujourd'hui désigné par l'Assemblée nationale, soit élu au suffrage universel direct et que ses pouvoirs - aujourd'hui essentiellement honorifiques - soient renforcés.

Le taux de participation s'est élevé mercredi à 74,1%, selon la Commission électorale.Plus de 700 candidats briguaient les 62 sièges de l'Assemblée soumis au vote. 

Dans chacune des 20 circonscriptions de l'île Maurice, trois sièges sont en jeu, attribués aux trois candidats arrivés en tête.

Les deux sièges de Rodrigues, petite île à 600 km à l'est de Maurice et 21e circonscription électorale, devraient aller à deux partis locaux.

Le PTr détenait à lui seul une courte majorité absolue dans l'Assemblée sortante, mais la réforme constitutionnelle doit recueillir le vote des trois quarts des députés pour être adoptée.

 

- Mosaïque de peuples -

 

Dans la nouvelle chambre, huit sièges supplémentaires seront attribués parmi les candidats non-élus ayant réalisé les moins mauvais scores, suivant un système complexe destiné à rééquilibrer la répartition des sièges entre partis et communautés.

Les 1,3 million d'habitants de l'archipel forment une mosaïque de peuples, de cultures et de langues reflétant son histoire, marquée par les arrivées successives des explorateurs portugais et hollandais, des colons français et britanniques, des esclaves amenés d'Afrique et des travailleurs venus d'Inde et de Chine.

La Constitution distingue quatre groupes ethniques: les Hindous - majoritaires -, les Musulmans, les Chinois et la "population générale" composée essentiellement de métis dit créoles et de blancs d'origine européenne.

Maurice fait partie des pays les plus riches d'Afrique mais stagne dans le camp des pays à revenu intermédiaire, avec un PIB par habitant d'un peu plus de 9.000 dollars.

Outre le projet de réforme constitutionnelle, les deux coalitions ont aussi fait campagne sur le renforcement de l'économie, basée sur le textile, le sucre et le tourisme.

L'attelage PTr-MMM, qui semble ne pas avoir convaincu les électeurs, a reflété le caractère mouvant des alliances politiques à Maurice, où une poignée d'acteurs se partagent le pouvoir depuis l'indépendance.

Le MMM a rejoint le PTr en septembre, après des années d'opposition au gouvernement Ramgoolam et une tentative de rapprochement en 2012 entre M. Bérenger et M. Jugnauth.

Le pays n'a connu que quatre Premier ministres dans son histoire.L'un des trois derniers en date sera le prochain chef du gouvernement.

Entre l'indépendance et 1982, le Premier ministre fut, sans interruption, le père de M. Ramgoolam, Seewoosagur Ramgoolam.