Mauritanie: lancement de la 10e édition du "festival nomade"

Par AFP

AFRICA RADIO

La 10e édition du "festival nomade", qui rassemble des artistes canadiens et mauritaniens pour une dizaine de jours, jalonnés de bivouacs dans le désert à l'est de Nouakchott, a débuté jeudi à l'hippodrome de la capitale mauritanienne.

Le festival s'est ouvert, en présence des ministres mauritaniens de la Culture et de la Famille, des autorités locales et d'une vingtaine d'artistes réunis autour du promoteur de la manifestation, Mohamed Mahmoud Ould Atigh, cuisinier de profession établi au Canada, par des parades de chevaux et de dromadaires.Quatorze artistes canadiens, dont huit musiciens et deux comédiens, ont fait le voyage à la rencontre d'artistes mauritaniens pour jouer ensemble "des instruments de nomades", selon plusieurs participants."C'est bien pour un échange culturel que nous allons travailler", a expliqué Laura Niquay, venue de Montréal pour "partager sa vision de la nation atikamekw (une communauté amérindienne) au Québec"."Nous sommes bien déjà ici, dans cet espace grandiose, ces dunes blanches, hors des maisons et des contraintes de la ville, c'est extraordinaire et cela donne l'inspiration", a-t-elle dit.Sa musique "préventive, très engagée contre les problèmes sociaux tels que l'alcoolisme et le tabagisme, trouvera bon accueil ici, dans cet univers authentiquement nomade", a-t-elle estimé.Le festival sera également l'occasion de découvrir les instruments de musique "nomades" traditionnels mauritaniens, comme la tidinitt (guitare réservée aux hommes) et l'ardine (jouée par les femmes) semblable à la kora, et leur possible "adaptation aux nôtres, au Canada", se félicite pour sa part le guitariste conteur et chanteur Gotta Lago.Cet artiste se produit notamment avec la chanteuse mauritanienne Noura Mint Seymali au premier concert au programme du festival. Mint Seymali s'est dite "honorée et enthousiasmée par l'idée de rencontrer ces sommités de la musique canadienne" pour jouer avec elles "la vraie musique, la musique partagée".La caravane du festival s'ébranlera samedi vers l'est pour un périple de 118 km dans le désert, jusqu'au 27 janvier.Chaque étape sera l'occasion de donner des concerts et de déguster des plats nomades, "presque les mêmes que ceux j'essaie d'adapter à la gastronomie canadienne dans mon restaurant de Montréal", a indiqué à l'AFP M. Ould Atigh."La musique nomade est la mémoire vivante du passé, il importe de la maintenir en vie à travers un échange continu entre les peuples de tous les continents", a déclaré ce dernier. Selon lui, "cette remise en forme du mode musical nomade doit se faire avec les nouveaux instruments et dans un habit qui sied à la vie moderne".