Mozambique: demande d'une autopsie indépendante après la mort en détention d'un Sud-Africain

Par AFP

AFRICA RADIO

La famille d'un Sud-Africain, accusé de liens avec les islamistes et décédé en détention au Mozambique, a exigé lundi une autopsie indépendante, émettant des doutes sur les résultats de l'examen post-mortem pratiqué par les médecins mozambicains.

Andre Hanekom, 61 ans, est décédé la semaine dernière dans un hôpital de Palma (nord), quelques jours après son transfert d'une prison.Selon le parquet mozambicain, Andre Hanekom figurait parmi les responsables du groupe islamiste qui opère dans le nord du pays depuis 2017 et a tué plus d'une centaine de civils.Son épouse Francis Hanekom a qualifié d'"absurdes" les accusations qui pesaient sur son mari, estimant qu'elles avaient été "fabriquées de toute pièce"."Le service de médecine légale au Mozambique veut changer la cause de sa mort sur l'acte de décès", a expliqué lundi à l'AFP Francis Hanekom."Le document que nous avons en notre possession indique encéphalopathie et hypoxie (manque d'oxygène). Maintenant on nous dit que les médecins ont utilisé les mauvais termes et qu'il s'agissait en effet d'une méningo-encéphalite d'origine virale ou bactérienne. Les deux sont contagieuses" et nécessitent que le corps soit "incinéré avant un rapatriement en Afrique du Sud" pour les obsèques, a-t-elle ajouté.Or la veille de son décès, Francis Hanekom avait rendu visite à son époux à l'hôpital. "Il ne ressemblait pas à un malade atteint d'une méningo-encéphalite sur le point de mourir", a expliqué cette infirmière de profession."Nous avons besoin d'une seconde opinion", a-t-elle insisté, affirmant que lors de l'admission de son mari à l'hôpital, un médecin avait avancé l'hypothèse qu'il ait été victime d'un empoisonnement. "Quelle version est vraie? J'ai des raisons valables de penser qu'il y a quelque chose de louche et qu'ils veulent le cacher" en faisant incinérer le corps, a-t-elle ajouté.Francis Hanekom réclame une autopsie indépendante en Afrique du Sud et a par conséquent demandé à Pretoria d'autoriser le rapatriement de la dépouille de son époux, même s'il s'avérait contagieux."Si nous voulons que la vérité éclate, toutes les preuves doivent être prises en compte", a-t-elle ajouté.L'hôpital de Palma n'était pas joignable lundi pour confirmer les résultats de l'autopsie déjà conduite.Le ministère sud-africain des Affaires étrangères a précisé à l'AFP que son ambassade au Mozambique avait été saisie de la demande de la famille Hanekom. Pour Francis Hanekom, son époux "est indirectement victime de l'exploration du gaz" dans le nord du Mozambique, qui suscite de fortes convoitises et pourrait attiser, selon les experts, les tensions dans la région.Les Hanekom possèdent une propriété avec un accès direct à la mer, en eaux profondes, non loin des sites d'exploration.