Mozambique: le frère du chef historique de la Renamo convoqué par la justice

Par AFP

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Le frère d'Afonso Dhlakama, l'ancien responsable historique de la Renamo (ex-rébellion), a été convoqué par la justice du Mozambique, après des attaques dans le centre du pays qui ont fait une dizaine de morts, a-t-on appris mardi auprès du mouvement.

Elias Dhlakama, un ancien chef de la guerilla devenu député de la Renamo, aujourd'hui le principal parti d'opposition, ne s'est pas rendu à la convocation du procureur, a expliqué un haut responsable de son mouvement, qui a requis l'anonymat."Le général Elias Dhlakama devait être entendu aujourd'hui à Beira, mais cela aurait été une violation de la loi puisqu'il bénéficie depuis le 13 janvier d'une immunité" parlementaire, a-t-il souligné."La convocation n'est pas annulée, mais elle doit être approuvée par le Parlement", a-t-il poursuivi.Des responsables de la Renamo ont été entendus le 8 janvier par un procureur dans le cadre d'une enquête sur de récentes attaques meurtrières dans le centre du pays, fief de l'ex-rébellion.Le gouvernement accuse le parti d'être à l'origine de ces attaques, qui ont fait une dizaine de morts. Le chef de la Renamo, Ossufo Momade, a récemment démenti toute implication de son parti dans ces violences.La cheffe du groupe parlementaire de la Renamo, Ivone Soares, le porte-parole du parti, José Manteigas, et les députés Antonio Muchanga et Manuel Bissopo sont soupçonnés d'avoir participé au recrutement de jeunes chargés de tendre des embuscades.Issue de la rébellion de la guerre civile, qui a fait un million de morts entre 1975 et 1992, la Renamo a signé en août dernier un accord de paix avec le gouvernement qui prévoit le désarmement et la réintégration de son aile militaire, qui avait repris les armes en 2013.Une faction du parti a cependant rejeté ce texte et revendiqué ces derniers mois plusieurs raids armés dans le centre du pays. Son chef, Mariano Nhongo, a prévenu qu'il n'autoriserait pas le président Filipe Nyusi à prêter serment pour un nouveau mandat le 15 janvier 2020.Au pouvoir depuis 2014, M. Nyusi a été largement réélu en octobre au terme d'élections jugées frauduleuses par l'opposition et de nombreux observateurs étrangers.Parallèlement à ces violences dans le centre du pays, l'extrême nord du Mozambique est secoué depuis deux ans par une insurrection islamiste qui a fait plusieurs centaines de morts.