Nigeria: des "bandits" tuent 21 personnes dans le nord-ouest

Par AFP

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Au moins 21 personnes, dont cinq membres des forces de sécurité, ont été tuées jeudi dans deux attaques séparées menées par des bandes armées dans le nord-ouest du Nigeria, selon la police vendredi.

Des bandes de voleurs de bétail - appelées "bandits" par les autorités locales - sèment la terreur depuis plusieurs années dans les zones rurales du centre et du nord-ouest du Nigeria, pratiquant à grande échelle pillages et enlèvements contre rançon.Un groupe d'environ 200 hommes à moto ont attaqué jeudi le village de Diskiru, dans l'Etat de Katsina, selon le porte-parole de la police de cet Etat Gambo, Isah.Les assaillants, munis de fusils d'assaut Kalachnikov et d'armes automatiques, ont d'abord tué 12 villageois. Un affrontement a ensuite éclaté entre les "bandits", qui tentaient de regagner leur camp, et les forces de sécurité, qui les poursuivaient."Dans ce combat, nous avons perdu un policier et quatre membres d'un groupe d'autodéfense, mais nous avons aussi éliminé plusieurs de ces criminels", a précisé le porte-parole.Pour se défendre, les communautés locales ont constitué des milices, qui combattent au côté de l'armée.Cette attaque a été lancée, selon la police, en représailles de la mort de trois "bandits" la semaine précédente, tués au cours d'un affrontement avec des miliciens de ce village.Dans l'Etat voisin de Zamfara, un autre groupe armé a attaqué jeudi le village de Gidan Goga, tuant quatre civils, selon le porte-parole de la police de cet Etat Mohammed Shehu dans un communiqué.Ces bandes armés se cachent dans des camps dans la vaste forêt de Rugu qui couvre les Etats de Katsina, Zamfara, Kaduna et Niger, d'où ils lancent leurs attaques.Entre le 4 septembre et le 25 octobre, l'armée a affirmé avoir tué 38 bandits, arrêté 93 de "leurs collaborateurs", déjoué 17 attaques et 31 kidnapping dans ces Etats.Depuis 2011, au moins 8.000 personnes y ont été tuées et 200.000 personnes ont été contraintes de fuir leur domicile, selon le centre d'analyse International Crisis Group (ICG).Ces groupes agissent a priori sans motivation idéologique, mais de nombreux experts ont récemment mis en garde contre leur rapprochement avec des groupes jihadistes de la région.