Nigeria: des émeutes dans le Nord, Jonathan vogue vers la victoire

18 avril 2011 à 10h18 par La rédaction

LAGOS (AFP)

Des émeutes ont éclaté dans plusieurs villes de la moitié nord du Nigeria, à majorité musulmane, durant la nuit de dimanche à lundi, liées à l'élection présidentielle de samedi alors que se profilait la victoire de Goodluck Jonathan, le président sortant, un chrétien du Sud.

Des affrontements entre de jeunes manifestants et des soldats ont éclaté lundi matin à Kano, principale ville du nord du Nigeria, a constaté un correspondant de l'AFP.

Des jeunes ont défié les soldats déployés dans les rues et qui cherchaient à les repousser.Les manifestants arrêtaient des voitures pour demander aux conducteurs d'exprimer leur soutien au principal rival de M. Jonathan, l'ancien chef de junte militaire Muhammadu Buhari.

La foule s'en est également pris à deux personnes identifiées par leurs vêtements à des chrétiens, en les frappant à l'aide de bâtons.

Des émeutes, déclenchées par des accusations de fraudes électorales, ont éclaté également dans des circonscriptions des Etats de Kaduna (centre-nord) et Sokoto (nord-ouest) et des bâtiments ont été brûlés dans les Etats de Bauchi et Gombe (centre-nord).

A Kaduna, des maisons de responsables politiques ont été attaquées dans la nuit de dimanche à lundi et on pouvait entendre des coups de feu, ont indiqué des habitants.

"Les forces de l'ordre ont été déployées à Sokoto pour contenir des jeunes en colère qui font exploser des gros pétards dans les rues", a déclaré un porte-parole de la police locale, Al-Mustapha Sani.

Goodluck Jonathan, un chrétien du Sud, était bien parti pour rester à la présidence, les résultats officiels partiels portant sur 28 des 36 Etats et sur la capitale fédérale, lui accordant une large avance sur son principal opposant, Muhammadu Buhari, un ancien chef d'Etat militaire.

Si dans l'ensemble le scrutin de samedi a été jugé calme et plus transparent que les précédents par les observateurs, les résultats proches de 100% dans certains Etats du Sud en faveur de Goodluck Jonathan font douter de la crédibilité de l'élection.