Nigeria : l'armée arrête des suspects de fraudes électorales

Par AFP

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L'armée nigériane a remis des dizaines de suspects de fraudes électorales à la police dans l'Etat de Rivers (sud-est), arrêtés pendant le scrutin des élections générales samedi, a annoncé le porte-parole de l'armée mardi.

"Parmi les suspects se trouvent un colonel de l'armée et quatre policiers, un politicien et un député de l'Assemblée locale de l'Etat", a rapporté le Colonel Aminu Iliyasu. "Les autres suspects étaient des voyous recrutés par des politiciens locaux pour causer des problèmes dans le vote", a-t-il déclaré pendant une conférence de presse. Le Colonel Iliyasu a accusé le gouverneur de l'Etat de Rivers, Nyesom Wike, du parti de l'opposition (Parti Populaire Démocratique, PDP) d'avoir tenté de corrompre l'armée pour agir en faveur de son parti et d'avoir organisé des fraudes. L'Etat de Rivers, dans le sud-est pétrolier du Nigeria, a été la région la plus endeuillée par les violences électorales du weekend, qui ont fait 53 morts dans tout le pays, selon la société civile nigériane. Les résultats de l'élection présidentielle étaient attendus dans la nuit de mardi à mercredi, après deux jours de décomptage des résultats par la Commission Electorale Indépendante (INEC). Ceux-ci donnaient déjà une large avance au président sortant, Muhammadu Buhari, quasi-certain de sa victoire. L'opposition, qui a dénoncé des fraudes massives, a demandé l'arrêt du comptage et dénoncé l'intimidation de l'armée dans le déroulé du vote.