Nigeria: le MEND accuse le gouvernement du meurtre d'un des ses anciens militants

Par La rédaction

LAGOS (AFP)

Le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (MEND), principal groupe armé de la région du Delta (sud du Nigeria), qui a renoncé à la violence après un accord d'amnistie avec le gouvernement fédéral, a accusé ce dernier du meurtre d'un de ses anciens militants.

La police a annoncé samedi la découverte du corps de Soboma George, un ancien chef de bande du MEND, apparemment tué mardi dans une embuscade à Port Harcourt, ville de l'Etat de Rivers, dans la région du Delta.

Son assassinat a eu lieu quelques mois après une amnistie gouvernementale en faveur du MEND, en échange d'une fin des hostilités.Le Mend et d'autres mouvements de la région réclament une meilleure répartition des ressources tirées du pétrole.

Selon le commissaire de l'Etat de Rivers, Suleiman Abba, la police soupçonne "un groupe dissident, les Icelanders, dirigé par Pere, un voleur et kidnappeur armé notoire", d'être "le cerveau du meurtre de George".

Mais le MEND a accusé le gouvernement d'être à l'origine du meurtre de son ancien responsable, dans un message internet reçu par l'AFP."Nous avons toute raison de penser que le gouvernement du Nigeria se trouve derrière l'assassinat", affirme le MEND.

Le mouvement a assuré qu'il n'y aura pas de reprise des hostilités par le MEND en raison de ce meurtre", mais qu'en revanche "il y aura une reprise des hostilités si nos demandes pour un contrôle de nos ressources ne sont pas satisfaites".

Le commissaire Abba avait expliqué aux médias qu'avant l'assassinat, "un autre membre de son gang, Dombra, avait à plusieurs reprises téléphoné et proféré des menaces de mort à l'encontre de George".Tous les membres du groupe se sont séparés de l'ex-dirigeant "et restent donc suspects", a dit le commissaire.

Il a donné aux suspects 48 heures pour se présenter à la police sinon ils seront recherchés pour meurtre.

"Nous n'avons encore procédé à aucune arrestation, même si l'enquête mène à trois suspects", a dit une porte-parole de la police, Rita Abbey.

Mme Abbey a ajouté qu'une autopsie du cadavre avait été effectuée mais elle n'en a pas donné les résultats.

George faisait partie des plus de 20.000 combattants qui ont accepté la mesure d'amnistie accordée par l'ancien président nigérian Umaru Yar'Adua, décédé le 5 mai, aux ex-rebelles de la région du delta du Niger, qui ont déposé les armes entre août et octobre 2009.

De 2006 à 2009, la région pétrolifère du delta du Niger, dans le sud du Nigeria, a été le théâtre de violences récurrentes, menées par des groupes armés affirmant lutter pour une meilleure répartition de la manne pétrolière.

Après des années de violences qui ont fait chuter la production de pétrole, celle-ci est remontée depuis un an à la faveur de l'amnistie offerte aux groupes rebelles.