Partition du Soudan: le Conseil de sécurité insiste sur le travail à venir

Par La rédaction

NEW YORK (Nations unies) (AFP)

Le Conseil de sécurité de l'ONU a félicité mercredi le Nord et le Sud-Soudan pour le succès du référendum qui a consacré la sécession du Sud, mais il a aussi insisté sur la taille de la tâche qui s'annonce pendant la période intérimaire, jusqu'en juillet.

Selon les termes de l'accord, la séparation effective du Nord et du Sud est attendue le 9 juillet.Nordistes et Sudistes doivent d'ici là se mettre d'accord sur des dossiers sensibles, dont la délimitation des frontières, le partage des revenus du pétrole ou encore le statut de la région contestée d'Abyei.

Un référendum aurait dû se tenir le même jour que dans le sud dans l'enclave d'Abyei mais le Nord et le Sud n'ont pas réussi à dire quelles catégories de la population était appellée à voter.

Ils doivent aussi s'accorder sur le statut des centaines de milliers de Sudistes vivant au Nord et des Nordistes installés au Sud.

L'ambassadrice américaine aux Nations unies Susan Rice a "félicité les deux parties".Mais, a-t-elle dit, "avec le référendum derrière nous, il est vital que tous les problèmes qui demeurent, tel que le statut d'Abyei, soit désormais résolus aussi vite que possible".

"Maintenant que le référendum est terminé, nous allons continuer à travailler étroitement avec le peuple soudanais, au Nord et au Sud, pour nous assurer que le référendum ne marque pas la fin d'un processus, mais plutôt le début d'un avenir meilleur pour les deux nations", a-t-elle dit.

"Il reste encore beaucoup à faire avant que n'arrive à terme l'accord de paix global", conclu en 1995 et qui avait mis fin à deux décennies de conflit meurtrier durant lequel deux millions de personnes ont péri, a souligné l'ambassadeur britannique, Mark Lyall Grant.

Outre les violences au Darfour, "la frontière, la citoyenneté et le partage des richesses" vont aussi alimenter les discussions à venir, a-t-il dit.

"Nous exhortons les parties à faire les compromis nécessaires pour assurer une paix et une stabilité durables", a-t-il ajouté."Si nous regardons vers l'avenir, il est clair que la paix et la prospérité de tout le peuple soudanais dépendent d'une coopération régulière entre le Nord et le Sud", a-t-il encore indiqué.

Haile Menkerios, chef de la mission de l'ONU au Soudan, a souligné que le vote pour l'indépendance du Sud représentait "une aube nouvelle" pour le plus grand pays africain.Cet événement aura un impact sur toute l'Afrique, mais "le travail vient de commencer".

"Le Nord et le Sud doivent maintenant s'efforcer de construire la paix (...).De sérieux défis demeurent", a-t-il dit.

L'ambassadeur allemand à l'ONU Peter Wittig a insisté sur le fait qu'il fallait désormais "se concentrer sur l'avenir: la consolidation de la paix, de bonnes relations et une coexistence entre le Nord et le Sud et la capacité de construire un pays entièrement nouveau".

"Pour cette énorme mission, toutes les parties auront besoin de continuer à coopérer de bonne foi", a-t-il dit.

L'ambassadeur français à l'ONU Gérard Araud a lui aussi insisté sur la tâche qui reste à accomplir.Concernant Abyei, "une solution durable doit être trouvée afin de fixer une fois pour toutes le statut de la province et les modalités de cohabitation entre les populations qui s'y trouvent".

"L'avenir de la relation entre le Nord et le Sud dépend d'une lecture commune des tracés de la frontière, des questions de sécurité, de citoyenneté et de partage des richesses", a-t-il dit.