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Centrafrique : des affrontements opposent une milice à l’armée dans le sud-est du pays

Actus. Des combats entre une milice locale, l’armée centrafricaine et des éléments du groupe paramilitaire russe Wagner secouent depuis fin décembre le sud-est de la République centrafricaine. Les violences, survenues en marge du scrutin présidentiel, ont déjà fait au moins un mort et provoqué des déplacements de civils.

Centrafrique : des affrontements opposent une milice à l’armée dans le sud-est du pays
Des soldats de l'armée centrafricaine ( illustration ) - Wikimedia Commons

Des attaques depuis le jour de l’élection présidentielle 

Des affrontements sont en cours depuis le 28 décembre entre la milice Azandé Ani Kpi Gbè (AAKG) et les forces de sécurité centrafricaines, appuyées par le groupe Wagner, dans plusieurs localités du sud-est du pays. L’information a été communiquée mercredi par un magistrat de la Cour pénale spéciale (CPS). 
Selon Alain Tolmo, substitut du procureur de la CPS, la milice aurait mené « des attaques ciblées visant des forces de sécurité locales, des agents de l’État, des militaires et des gendarmes déployés dans la zone ». 

Bambouti reprise par l’armée et le groupe Wagner 

La première attaque signalée a eu lieu le 28 décembre à Bambouti, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, une région enclavée située à environ 1.300 kilomètres de Bangui. La milice a été délogée de la ville quelques jours plus tard par l’armée centrafricaine, appuyée par le groupe paramilitaire russe Wagner, selon Fulbert Ngodji, analyste à l’International Crisis Group.

Des combats toujours en cours à Zemio 

Peu après les événements de Bambouti, la ville de Zemio, située à la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC), a également été attaquée par la milice AAKG. Depuis, la localité reste le théâtre d’affrontements persistants. « Un agent de recensement a été tué », a indiqué Alain Tolmo, précisant que la préfète de Zemio ainsi que d’autres agents de l’État ont été pris en otage. 

Civils déplacés et climat de peur 

Les violences ont provoqué un climat de forte insécurité parmi la population locale. « Ces actes ont suscité une grande peur et entraîné le déplacement de nombreux habitants vers l’église catholique de la localité », a expliqué le magistrat de la CPS. La situation humanitaire dans la zone reste difficile, dans un contexte d’accès limité et de tensions sécuritaires persistantes. 
  

Une milice issue de la communauté zandé 

La milice Azandé Ani Kpi Gbè est composée de membres de la communauté zandé, majoritaire dans le Haut-Mbomou et également présente en RDC et au Soudan du Sud voisin. Selon Fulbert Ngodji, des jeunes zandé ont formé cette milice d’autodéfense en mars 2023, estimant avoir été « abandonnés par l’État ». En 2024, ces combattants avaient été intégrés au sein de l’armée centrafricaine, avant d’être suspendus en mai 2025. 

A lire aussi et écouter : Présidentielle en Centrafrique : «L’opposition conteste les résultats, elle doit apporter des preuves” selon le porte-parole du président Touadéra, Evariste Ngamana

Un nouveau défi pour le troisième mandat de Touadéra 

Alors que la stabilisation du pays constitue l’un des principaux enjeux du troisième mandat du président Faustin-Archange Touadéra, récemment réélu, ces violences soulèvent de nouvelles inquiétudes sécuritaires. Pour l’analyste Fulbert Ngodji, la milice AAKG, « qui n’avait jusqu’à présent que des revendications communautaires », pourrait désormais évoluer vers « un groupe armé opposé au gouvernement », compliquant davantage la fragile quête de stabilité en Centrafrique. 

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