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Côte d’Ivoire : le porte-parole du PDCI, Soumaïla Bredoumy, libéré sous contrôle judiciaire

Actus. Incarcéré depuis fin novembre et poursuivi pour de lourdes accusations, Soumaïla Bredoumy, porte-parole du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), a été remis en liberté provisoire mercredi 07 janvier à Abidjan. Une décision saluée par son camp, dans un contexte politique toujours tendu après la réélection d’Alassane Ouattara.

Côte d’Ivoire : le porte-parole du PDCI, Soumaïla Bredoumy, libéré sous contrôle judiciaire
Soumaïla Bredoumy

Une libération annoncée par ses avocats 

Arrêté et écroué le 27 novembre dernier, Soumaïla Bredoumy a été libéré mercredi et placé sous contrôle judiciaire, a annoncé son avocat Me Ange Rodrigue Dadje sur sa page Facebook. L’information a été confirmée à l’AFP par un cadre du PDCI, principal parti d’opposition ivoirien. Le porte-parole du parti était détenu à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), où il se trouvait encore lors des élections législatives du 27 décembre. 

Réélu député depuis sa cellule 

Malgré son incarcération, Soumaïla Bredoumy figurait parmi la trentaine de candidats du PDCI réélus députés lors des législatives, un scrutin largement dominé par le parti au pouvoir. Son cas avait attiré l’attention, tant sur le plan politique que judiciaire. De retour en Côte d’Ivoire après plusieurs mois passés à l’étranger en 2025, il avait été inculpé et placé en détention dans le cadre d’une procédure d’exception prévue pour poursuivre un parlementaire. 

Dix-huit chefs d’accusation contestés  

La justice ivoirienne reproche à M. Bredoumy pas moins de 18 chefs d’accusation, qu’il conteste. Selon ses avocats, ils incluent notamment des faits d’« actes terroristes », d’« assassinat », de « complot contre l’autorité de l’État », d’« atteinte à l’ordre public » et d’« atteinte aux opérations électorales ». Il est également poursuivi pour « destruction volontaire de biens », « organisation d’une bande armée », « vol » et « apologie des crimes de meurtres », ainsi que pour sa participation présumée à des manifestations interdites. 

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Un climat politique sous tension 

Soumaïla Bredoumy faisait partie des figures de l’opposition ayant vivement critiqué la candidature du président Alassane Ouattara à un quatrième mandat et appelé à des manifestations avant l’élection présidentielle. Réélu fin octobre avec près de 90 % des suffrages, M. Ouattara a vu son scrutin se dérouler globalement dans le calme. Toutefois, des violences ont éclaté en marge du processus électoral. 

Manifestations, violences et arrestations  

Selon les autorités, onze personnes sont décédées lors de manifestations interdites avant le scrutin ou lors d’affrontements intercommunautaires le jour du vote. Plusieurs dizaines de manifestants ont également été arrêtés puis condamnés. Lors de l’arrestation de M. Bredoumy, le PDCI avait dénoncé une « procédure illégale et arbitraire » et accusé le pouvoir de mener « une stratégie d’intimidation, de harcèlement et de mise sous pression des voix dissidentes ». 

Le gouvernement rejette toute motivation politique 

De leur côté, les autorités ivoiriennes assurent que les arrestations n’ont aucun lien avec l’appartenance politique des personnes concernées. Elles affirment que toutes les procédures engagées relèvent d’enquêtes judiciaires régulières, menées dans le respect de la loi. 
La mise en liberté provisoire de Soumaïla Bredoumy, sous contrôle judiciaire, pourrait néanmoins relancer le débat sur la place de l’opposition et les libertés politiques en Côte d’Ivoire. 

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