Réélu avec plus de 76 % des voix selon des résultats provisoires, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra revendique un large soutien populaire. Dans un contexte de contestation de l’opposition, son porte-parole Évariste Ngamana défend la légitimité du scrutin, tend la main aux adversaires politiques et détaille les priorités d’un nouveau mandat placé sous le signe de la stabilité et du renforcement de l’État.
Ecoutez Evariste Ngamana
Un score élevé revendiqué par le pouvoir
L’Autorité nationale des élections a annoncé dans la nuit de lundi à mardi la réélection de Faustin-Archange Touadéra avec 76,15 % des suffrages exprimés, à l’issue du scrutin du 28 décembre 2025. Son principal rival, Anicet-Georges Dologuélé, arrive en deuxième position avec 14,66 %, tandis que la participation s’élève à 52,43 %. Pour le camp présidentiel, ce score traduit une adhésion massive de la population. « C’est au regard de son bilan pour le mandat passé et du projet de société qu’il a décliné tout au long de la campagne que la population a adhéré massivement », estime Évariste Ngamana, porte-parole du président.
Il dit espérer que le Conseil constitutionnel « consacrera » ces résultats lors de la proclamation définitive prévue à la mi-janvier.
L'organisation des élections, ce n'est pas seulement la disponibilité du matétiel sensible et non sensible, c'est essentiellement des hommes et des femmes bien formés et organisés. J'avais insisté auprès de l'ANE pour qu'elle sollicite un peu plus de temps. J'ai fait la même…
— Anicet G. Dologuele (@ADologuele) December 31, 2025
Des accusations de fraude rejetées
Comme lors des précédents scrutins, l’opposition conteste le processus électoral. Anicet-Georges Dologuélé revendique la victoire, dénonce des irrégularités majeures, et une “fraude massive”. Henri-Marie Dondra, troisième avec 3,19 % des voix, a appelé à une « annulation pure et simple » des élections, parlant d’une « mascarade ».
Des accusations fermement rejetées par le pouvoir « De tout temps en Afrique, quand quelqu’un gagne les élections, il y a toujours des contestations. Il faut en apporter les preuves », répond Évariste Ngamana.
Selon lui, « les résultats issus des urnes sont réellement ceux exprimés par le peuple centrafricain », rappelant l’existence de voies de recours légales pour les candidats mécontents.
La démocratie ne se confisque pas par des déclarations unilatérales. DOLOGUELE crée des tensions inutiles.
— Evariste NGAMANA (@PorteParoleFAT) January 2, 2026
Ne vous fiez qu'aux résultats officiels. Restons sereins et confiants derrière le Pr TOUADERA.
#RCA #Touadera2025 #Vigilance
« La main tendue » à une opposition divisée
Malgré les tensions, le président réélu se veut rassembleur, assure son porte-parole. « Au soir même de la publication des premiers résultats, le président a dit qu’il continuait de tendre la main. Dorénavant, il est le président de tous les Centrafricains, ceux qui ont voté pour lui ou non », affirme Évariste Ngamana.
Une partie de l’opposition ayant boycotté le scrutin, le chef de l’État entend néanmoins poursuivre le dialogue politique et « travailler avec tout le monde », selon son entourage.
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Consolider la stabilité, priorité du nouveau mandat
Durant sa campagne, Faustin-Archange Touadéra s’est présenté comme le « candidat de la stabilité » dans un pays marqué par des décennies de coups d’État et de conflits armés. Pour ce nouveau mandat, trois axes majeurs sont mis en avant. « Il faut consolider cette stabilité à travers la cohésion nationale, le développement des infrastructures, le dialogue et le renforcement des institutions », explique son porte-parole.
Le président entend également mettre l’accent sur « l’aspect humain », avec un renforcement des services sociaux de base, de l’éducation et de la santé, alors que 71 % des Centrafricains vivent encore sous le seuil de pauvreté.
Sécurité : vers une montée en puissance de l’armée nationale
La sécurisation du pays repose encore en partie sur la présence de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) et de paramilitaires russes du groupe Wagner. Une situation que le pouvoir considère comme transitoire. « Aucun pays au monde ne peut compter sur les autres pour assurer sa pleine sécurité. L’un des outils de la souveraineté, c’est l’armée », insiste Évariste Ngamana.
Il rappelle que la Minusca n’a pas de mandat de combat, mais de protection des civils, et que la sécurisation du territoire doit à terme revenir exclusivement aux Forces armées centrafricaines.
Wagner et les partenaires étrangers, une aide « temporaire »
Interrogé sur l’avenir de la coopération sécuritaire avec Wagner, le porte-parole se veut clair : « Aucune puissance extérieure ne peut rester indéfiniment et assurer la sécurité d’un État. Ils sont là pour prêter main forte. Arrivé un moment, ils vont se retirer. » Le pouvoir affirme néanmoins rester ouvert à d’autres partenariats.
« Il n’y a pas que la Russie. Le président a l’habitude de dire que nous sommes ouverts à tout le monde : les États-Unis, la France, la Chine », souligne Évariste Ngamana, convaincu que l’armée centrafricaine « montera en puissance » et sera, à terme, capable d’assurer seule la sécurité du territoire.
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