Plus de 9.000 personnes ont fui au Niger après des attaques au Nigeria

Par AFP

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Plus de 9.000 personnes ont fui au Niger après une série d'attaques mi-avril contre la ville nigériane de Damasak, ont indiqué jeudi les Nations unies.

"Suite à l'attaque de Damasak le 13 avril 2021 par des groupes armés non étatiques, des flux importants de populations en direction des villages de Gagamari et de Chétimari ont été enregistrés", indique le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) à Niamey.Ocha fait état "de milliers de déplacés" qui continuent d'arriver à bord de véhicules ou à pied ou dos d'animaux pour s'installer à Gagamari et Chétimari, deux localités de la région de Diffa, dans le Sud-Est du Niger, proche de Damasak.L'agence onusienne a déjà dénombré plus de 9.000 personnes dans ces deux localités, tandis que "plusieurs véhicules chargés de bagages" continuent d'arriver. Ces mouvements "risquent de se poursuivre vu la récurrence des attaques contre Damasak", affirme Ocha.Des jihadistes du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) mènent des séries d'attaques depuis le 10 avril sur la ville de Damasak, dans le Nord-Est du Nigeria: des violences "sans précédent", selon des sources locales, pour le contrôle d'un axe stratégique.La quatrième et dernière attaque sur cette ville au coeur du conflit, située aux confins du lac Tchad et où 85.000 personnes vivent essentiellement de l'aide humanitaire, a fait au moins huit morts et 12 blessés, a annoncé mercredi dernier le Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU (HCR). "Selon les premières informations que nous avons reçues de nos contacts sur place, les hommes armés ont brûlé des bâtiments, le commissariat, la clinique, des habitations des officiels ainsi que les bureaux du HCR", avait rapporté l'agence onusienne dans une note envoyée à l'AFP.La région de Diffa abrite au total 300.000 réfugiés du Nigeria et déplacés internes, plongeant la zone dans une grave crise humanitaire depuis 2015. Comme ses voisines du Nigeria, Diffa est également la cible de raids récurrents du groupe jihadiste nigérian Boko Haram et de sa branche dissidente Iswap.Depuis le début de la rébellion de Boko Haram en 2009 dans le Nord-Est du Nigeria, le conflit a fait près de 36.000 morts et deux millions de déplacés. En 2016, le groupe s'est scindé, avec d'un côté la faction historique et de l'autre Iswap, reconnu par l'organisation Etat islamique (EI).