Procès Charles Taylor: le témoignage de Naomi Campbell reporté au 5 août

26 juillet 2010 à 10h05 par La rédaction

LA HAYE (AFP)

Le témoignage prévu jeudi du mannequin Naomi Campbell dans le procès de l'ex-président libérien Charles Taylor, jugé pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité à La Haye, a été reporté au 5 août, a annoncé lundi le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL).

Les juges du TSSL ont "approuvé la demande de Mme Naomi Campbell de reporter son témoignage prévu dans le procès de Charles Taylor au jeudi 5 août 2010 à 09H00" (07H00 GMT), a indiqué dans un communiqué Solomon Moriba, porte-parole du TSSL.

 "La date de sa comparution est reportée dans l'espoir qu'elle ne le soit pas de nouveau", a déclaré lundi au cours du procès la présidente Julia Sebutinde.

La défense de Mme Campbell a formulé cette demande afin de pouvoir être présente lors de l'audience.

Les juges avaient le 1er juillet délivré une citation à comparaître pour le mannequin de nationalité britannique et d'origine jamaïquaine et chinoise, suite à une demande de l'accusation formulée le 20 mai.

 Le bureau du procureur souhaite que le mannequin témoigne au sujet d'un diamant que Charles Taylor lui aurait offert en 1997 après un dîner organisé par le président sud-africain Nelson Mandela, auquel avaient également pris part l'agent de Mme Campbell Carole White et l'actrice américaine Mia Farrow, également autorisées à témoigner.

Charles Taylor, 62 ans, avait catégoriquement nié le 14 janvier avoir donné un diamant au mannequin qui avait déclaré publiquement ne pas vouloir être impliquée dans cette affaire.

Selon l'accusation, M. Taylor s'était rendu en septembre 1997 en Afrique du Sud pour vendre ou échanger contre des armes des diamants reçus des rebelles sierra-léonais.

M. Taylor, dont le procès s'était ouvert en janvier 2008, est accusé d'avoir dirigé en sous-main les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) en Sierra Leone en leur fournissant armes et munitions en échange de diamants.

L'ancien président libérien plaide non coupable de onze crimes, notamment de meurtres, de viols et d'enrôlement d'enfants soldats durant la guerre civile en Sierra Leone entre 1991 et 2001, qui a fait 120.000 morts et des milliers de mutilés.

Son procès a été délocalisé de Freetown à La Haye pour éviter tout risque de déstabilisation de la région.