Procès de jihadistes présumés en France: deux accusés réclament de "l'espoir"

Par AFP

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Au dernier jour de leur procès pour association de malfaiteurs terroriste, deux des trois présumés jihadistes ont souhaité mercredi que la cour d'assises spéciale de Paris leur accorde de "l'espoir", eux qui encourent jusqu'à 30 ans de réclusion.

"Si je suis dans le box, je n'ai à m'en prendre qu'à moi-même", a déclaré Yassine Bousseria, un ancien animateur scolaire de Strasbourg (Est), âgé de 41 ans.Avec son ami d'enfance, Hicham Makran, également âgé de 41 ans, il est soupçonné par l'accusation d'avoir constitué une "cellule dormante" de l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) à Strasbourg entre février-mars 2015 et son interpellation en novembre 2016."J'ai 41 ans, j'ai déjà passé quatre ans et demi en prison (...). J'ai pris du recul et cela m'a permis d'avoir une meilleure compréhension" de mes agissements, a expliqué Yassine Bousseria avant que la cour présidée par David Hill ne se retire pour délibérer. "J'aimerais qu'on m'accorde l'espoir de pouvoir reprendre une vie", a-t-il conclu.Hicham Makran - dont les capacités de compréhension sont "limitées" selon les experts et qui souffre de dyslexie -, n'a pas souhaité prendre une dernière fois la parole.Pour les avocats généraux du parquet national antiterroriste (Pnat), MM. Bousseria et Makran ne sont "pas deux individus recrutés par l'Etat islamique, ce sont deux individus qui vont au-devant de jihadistes de l'EI".Ils avaient requis mardi 20 ans de réclusion à l'encontre d'Hicham Makran et 22 ans de prison contre Yassine Bousseria. Dans les deux cas, ils ont réclamé que la peine soit accompagnée d'une période de sûreté des deux tiers.Le troisième accusé, le Marocain Hicham El-Hanafi, 30 ans, présenté par l'accusation comme un "jihadiste total", a reconnu "avoir des défauts". "Mais je travaille sur ça", a-t-il ajouté.Selon le Pnat, le Marocain recrutait et finançait pour le compte de l'EI et se préparait, juste avant son interpellation à Marseille (Sud-Est) en novembre 2016, à "une opération martyre".C'est "probablement, l'un des individus les plus dangereux dans un box, intelligent, fin, extrêmement déterminé (...). Il n'a pas renoncé et il ne renoncera pas. Il a atteint un point de non-retour", avait affirmé lundi à son sujet la représentante du Pnat, Saliha Hand-Ouali.Hicham El-Hanafi qui a eu recours à une traductrice tout au long de son procès, a choisi de s'exprimer en français - une langue qu'il ne maîtrise pas - pour s'exprimer une dernière fois. "Je veux qu'on m'accorde de l'espoir", a-t-il également demandé à la cour.Le ministère public a présenté contre lui la réquisition maximale: 30 ans de réclusion assortie d'une période de sûreté des deux tiers et une interdiction définitive du territoire français à l'issue de sa peine.Le verdict est attendu dans l'après-midi ou en soirée.