RDC: des mutins accusent l'armée et les rebelles du FDLR de "collusion permanente"

23 mai 2012 à 13h52 par La rédaction


KINSHASA (AFP) - (AFP)

Les soldats mutins se réclamant du Mouvement du 23 mars (M23), dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), ont accusé l'armée congolaise de "collusion permanente" avec des rebelles hutus rwandais, selon un communiqué rendu public mercredi.

Le M23 "se réserve le droit de rendre publics les éléments de preuve qui attestent de la collusion permanente et solide entre les FARDC (armée gouvernementale) et les FDLR" (Forces démocratiques de libération du Rwanda), affirme un communiqué rédigé depuis "Rutshuru", territoire de la province du Nord-Kivu (est) où se concentrent les combats entre l'armée et les mutins.

Ces mutins, issus de l'ex-rébellion tutsi congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), affirment posséder des "preuves irréfutables sur les positions FARDC tenues par les éléments FDLR, les unités FARDC commandées par les officiers FDLR et leur implication dans les combats en cours".

"Pour nous, il n'y a pas de combattants FDLR au sein des unités FARDC, il n'y a que des soldats congolais", a réagi mercredi à la presse le porte-parole militaire par intérim de la Mission de l'ONU (Monusco), le lieutenant-colonel Mactar Diop.

"Les combattants FDLR ne combattent pas avec un bandeau FDLR.Nous ne pouvons qu'avoir un préjugé favorable envers les FARDC, que nous soutenons", a souligné ce porte-parole.

Encore actifs dans plusieurs régions de l'est de la RDC, les rebelles FDLR sont régulièrement accusés de commettre des pillages, atrocités, viols et assassinats, notamment contre les civils.

Le Rwanda voisin en recherche certains pour leur rôle présumé dans le génocide de 1994 contre les Tutsi, qui avait fait 800.000 morts, selon l'ONU.

Début mai, le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku, avait accusé les FDLR de collaborer avec les mutins.

Le M23, dirigé par le colonel Sultani Makenga, ex-N.3 du CNDP, a dénoncé dans son communiqué la "gravité de ces allégations mensongères et calomnieuses".