RDC: l'aviation civile dément toute entrave au retour de l'opposant Tshisekedi

4 novembre 2011 à 7h56 par La rédaction

KINSHASA (AFP) - (AFP)

L'aviation civile a démenti jeudi à Kinshasa s'opposer à l'atterrissage d'un avion devant ramener en République démocratique du Congo l'opposant Etienne Tshisekedi, candidat à la présidentielle prévue le 28 novembre.

M. Tshisekedi, actuellement en Afrique du Sud où il a terminé une tournée à l'étranger, aurait dû arriver mercredi à Kisangani pour y débuter une série de déplacements dans l'est de la RDC, selon son parti, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

"Je répète, je persiste, je réitère qu'il n'y avait pas de demande de l'UDPS" d'autorisation d'atterrissage en RDC, a déclaré à la presse le directeur général de l'autorité de l'aviation civile (AAC), Richard Nyangwile.

Le secrétaire général de l'UDPS Jacquemin Shabani avait dit mercredi à l'AFP que le parti avait fait appel à une compagnie sud-africaine habituée à atterrir en RDC pour y ramener M. Tshisekedi.

"Nous ne comprenons pas pourquoi les services de l'aviation civile refusent de le laisser atterrir cette fois", avait-il ajouté, avant d'accuser le chef de l'Etat Joseph Kabila, candidat à la présidentielle, de chercher à "décourager ses adversaires".

Alors que l'UDPS se prépare à apporter des "preuves" de ses démarches auprès de l'AAC, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende a dénoncé jeudi ses "accusations graves qui se fondent sur absolument rien".Richard Nyangwile de l'aviation civile s'est pour sa part dit "surpris" par les allégations.

"L'UDPS n'était pas apparente dans la demande (d'autorisation d'atterrir): alors comment voulez-vous que nous nous bloquions ces demandes parce que c'est l'UDPS?", a-t-il réagi.

Il a ajouté que son institution n'avait "pas de considération politique (...) pour discriminer le traitement des dossiers".

"Nous ne pouvons que supposer qu'il s'agit d'un échappatoire" de l'UDPS pour masquer ses "difficultés logistiques" de campagne, estimé Lambert Mende, qui n'exclut pas qu'Etienne Tshisekedi essaie de mobiliser l'électorat en "se posant en victime".

L'UDPS a refusé jeudi de signer comme prévu le code de bonne conduite pour des élections présidentielle et législatives "apaisées" prévues le 28 novembre.

"Nous n'avons pas signé!Nous voulons d'abord trouver des solutions aux problèmes politiques qui se posent", a déclaré jeudi à l'AFP l'avocat Serge Mayamba, secrétaire de du parti.

Il a dénoncé l'arrestation "injuste" de militants, les entraves violentes à la campagne d'Etienne Tshisekedi et les affiches de Joseph Kabila sur les édifices publics qui "violent" de la loi électorale.