RDC: le Premier ministre suggère qu'il va démissionner après la motion de censure

Par AFP

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Le Premier ministre de la République démocratique du Congo a suggéré jeudi qu'il allait démissionner après avoir été visé la veille par une motion de censure largement adoptée par l'Assemblée nationale, une victoire politique pour le chef de l'Etat Félix Tshisekedi.

"J'attends la notification de cette décision pour prendre mes responsabilités conformément à la Constitution", a écrit dans un communiqué le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, un proche de l'ancien président Joseph Kabila.Par 367 voix sur 377 votants, les députés ont adopté mercredi une motion de censure qui a fait tomber M. Ilunga et son gouvernement, composé aux deux-tiers de ministres pro-Kabila."Lorsque l'Assemblée nationale adopte une motion de censure, le gouvernement est réputé démissionnaire. Dans ce cas, le Premier ministre remet la démission de son gouvernement au président de la République dans les 24 heures", selon l'article 147 de la Constitution.Le vote de l'Assemblée avait été proclamée vers 18H00 (17H00 GMT) par le président de séance.Absent de l'Assemblée nationale, le Premier ministre avait dénoncé avant le vote "une manoeuvre politicienne sans fondement factuel au mépris des exigences de l'État de droit".Il avait estimé que le bureau provisoire qui gère actuellement l'Assemblée n'était compétent que pour les "affaires courantes", dans une réponse écrite à la motion de censure."Tout en réaffirmant les observations que j'ai formulées" sur le bureau provisoire, "je me dois de reconnaître la compétence de l'Assemblée nationale à examiner la motion de censure qui m'a été destinée dès lors qu'elle a été signée par 301 députés" sur 500 au total, écrit le Premier ministre dans son communiqué de jeudi.Sa démission représenterait une nouvelle victoire dans l'offensive du président Tshisekedi pour isoler son prédécesseur Joseph Kabila et pour se constituer sa propre majorité parlementaire.M. Tshisekedi a lancé cette offensive le 6 décembre en décrétant unilatéralement l'échec et la fin de sa coalition au pouvoir avec son prédécesseur Joseph Kabila, qui contrôlait alors toujours le Parlement.Sur sa lancée, M. Tshisekedi avait nommé un chargé de mission pour identifier sa nouvelle "majorité d'union sacrée de la Nation" à l'Assemblée nationale. Cet "informateur", selon les termes de la Constitution, pourrait remettre son rapport ce jeudi au président.