RDC: reprise des combats entre l'armée et le M23 dans l'est

Par La rédaction

Goma (RD Congo) (AFP)

Des combats étaient en cours vendredi entre l'armée congolaise et les rebelles du M23 dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), quatre jours après la suspension des pourparlers de paix entre les deux parties.

Les affrontements se déroulaient à Kanyamahoro, à environ 25 kilomètres au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu frontalière du Rwanda et de l'Ouganda.

Selon un officier supérieur de l'armée, ils se poursuivaient vers 09H15 (07H15 GMT).Une demi-heure plus tard, un habitant de la zone a indiqué entendre encore "des détonations d'armes lourdes qui continuent".

Les deux camps s'accusent mutuellement d'avoir attaqué les premiers.

"Ils nous ont attaqué", a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, porte-parole de l'armée au Nord-Kivu, indiquant simplement que les combats avaient commencé à 04H00 (02H00 GMT).

"Les FARDC (Forces armées de la RDC) ont attaqué nos positions à 04H00 dans la zone de Kanyamahoro-Kibumba", a affirmé le porte-parole militaire des rebelles, Vianney Kazarama.

Une source de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco), a indiqué que c'était la rébellion qui avait pris l'initiative.

"Il ne s'agit pas d'une escarmouche", a ajouté la même source, semblant faire une distinction entre ce qui se passait là et les divers accrochages ayant perturbé la trêve observée (et globalement respectée) depuis fin août, lorsqu'une offensive menée par les FARDC avec le soutien de la brigade d'intervention de la Monusco avait fait reculer le front d'une quinzaine de kilomètres.

Située sur un plateau à près de 1.800 mètres d'altitudes, Kibumba est un point haut fermant la zone contrôlée par le M23 plus au nord.Aucun combat n'était signalé sur le front au nord, dans la région de Mabenga, où l'armée a récemment déployé des renforts.

Un officier de l'armée régulière a indiqué que la Monusco avait commencé à appuyer les troupes gouvernementales."Nous soutenons avec une partie" des éléments de la brigade d'intervention, a confirmé la source de la Monusco sous le couvert de l'anonymat, "des hélicoptères sont prêts à appuyer (l'opération) si nécessaire".

Les habitants fuient vers le Rwanda

Joint par téléphone, un défenseur des droits de l'Homme originaire de Kibumba, localité où se sont retranchés les combattants du M23 après l'offensive du mois d'août, a affirmé que les rebelles étaient "nombreux sur la colline de Hehu", à proximité des combats, et que des habitants fuyaient les affrontements en se dirigeant vers le Rwanda.

Lui-même a affirmé s'être déplacé vers la frontière, à Kabagana, et avoir vu des militaires rwandais "en train de rentrer (...) pour renforcer le M23"."Le mouvement s'est calmé", a-t-il dit à ce propos un peu plus tard, ajoutant : "Nous avons vu des hélicoptères de l'ONU.Ils sont en train de survoler Kibumba, mais (...) ils ne tirent pas".

Dans un communiqué, le porte-parole de la branche politique du M23, Amani Kabasha, a accusé le gouvernement de Kinshasa de se livrer à un "véritable sabotage du processus de paix de Kampala".Aucun porte-parole du gouvernement n'avait pu être joint en début de matinée pour répondre à ces allégations.

Les négociations de Kampala avaient repris le 10 septembre après plusieurs mois d'arrêt, sous la pression des chefs d'Etat de la région des Grands Lacs.Leur suspension dans la nuit de dimanche avait suscité de nombreuses craintes de voir un nouvel embrasement de violence au Nord-Kivu, riche province agricole et minière déchirée par la guerre depuis une vingtaine d'années.

Le Mouvement du 23 Mars (M23) contrôle une zone de quelque 700 kilomètres carrés limitrophe du Rwanda et de l'Ouganda, dans l'est de la RDC.

Parti en avril 2012 d'une mutinerie d'anciens rebelles intégrés dans l'armée congolaise, le M23 demande la pleine application de l'accord ayant régi leur incorporation en 2009, et défend plus généralement les droits des populations congolaises rwandophones, essentiellement tutsi.

L'ONU et Kinshasa accusent régulièrement le Rwanda et l'Ouganda de soutenir le mouvement, ce que ces deux voisins de la RDC démentent.