Régionales au Cameroun: sans surprise, écrasante victoire du parti au pouvoir

9 décembre 2020 à 17h34 par AFP

AFRICA RADIO

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti du président Paul Biya, au pouvoir depuis 38 ans, a sans surprise largement remporté les élections régionales organisées dimanche au Cameroun, selon les résultats officiels publiés mardi et mercredi dans les dix régions du pays.

Le parti au pouvoir est vainqueur dans neuf des dix régions, la dixième étant remportée par un parti membre de la majorité présidentielle, selon des résultats recueillis par l'AFP région par région à partir des données du ministère de l'intérieur et de l'Elecam, l'organe en charge d'organiser le scrutin. Dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, en proie depuis près de quatre ans à un conflit sanglant entre l'armée et des groupes séparatistes, le parti du président Paul Biya, 87 ans, était le seul en lice.Trois partis, dont deux de la majorité présidentielle, se partagent le reste des sièges, notamment l'Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP) qui remporte la région Adamaoua, la seule qui échappe au au RDPC.Ces résultats ne faisaient aucun doute puisque les conseillers municipaux qui ont élu le plus grand nombre de représentants dans ces nouvelles assemblées régionales sont très majoritairement issus du parti au pouvoir. En outre, le scrutin a été boycotté par les deux principaux partis d'opposition: le Social Democratic Front (SDF) et le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, l'opposant numéro 1 à M. Biya.Malgré les menaces des groupes séparatistes et l'assassinat d'un conseiller municipal membre du RDPC en zone anglophone, les élections régionales se sont déroulées "dans le calme et la transparence", a assuré mardi le gouvernement. Le régime a présenté ces premières élections régionales, pourtant prévues dès la Constitution de 1996, comme "historiques" pour achever la décentralisation et régler la crise anglophone.Ces Conseils régionaux, oubliés depuis 1996, avaient été remis au goût du jour lors d'un Grand dialogue national convoqué en 2019 par Paul Biya, après d'intenses pressions internationales pour mettre fin au conflit en zone anglophone.En tout, quelque 24.000 grands électeurs, des conseillers municipaux ainsi que des chefs traditionnels, étaient amenés à voter dans ce scrutin indirect pour désigner 900 conseillers régionaux, 90 pour chacune des 10 régions.