Retour de Gbagbo en Côte d'Ivoire le 17 juin: le ministre de la Réconciliation en "prend acte"

2 juin 2021 à 16h26 par AFP

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Le ministre ivoirien de la Réconciliation nationale, Kouadio Konan Bertin, a déclaré mercredi "prendre acte" de l'annonce par le parti de l'ex-président Laurent Gbagbo du retour de ce dernier à Abidjan le 17 juin.

"Nous avons appris qu'il (Laurent Gbagbo) rentrait le 17 juin et nous en prenons acte", a déclaré M. Konan Bertin à la presse à l'issue d'une rencontre avec Assoa Adou, secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l'ex-président."Gbagbo est un homme libre, acquitté" de crimes contre l'humanité par la justice internationale et "c'est à lui de décider quand il vient dans son pays", a-t-il ajouté, "nous devons maintenant travailler pour que ce soit un retour dans l'apaisement".En tant qu'ancien chef d'Etat, Laurent Gbagbo "a un statut particulier dont il faut tenir compte", selon le ministre qui a souligné que son retour n'était pas "ordinaire" et qu'en conséquence certaines dispositions devaient être prises, dont "la sécurité".Assoa Adou qui avait annoncé lundi la date du retour de Laurent Gbagbo le 17 juin, a tenu à rappeler qu'en donnant son feu vert début avril au retour de son rival, le président Alassane Ouattara avait dit qu'il pouvait rentrer quand il le voulait.Mercredi matin, interrogé par l'AFP, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, avait estimé que cette date du 17 juin n'était pas "consensuelle". "La date devait être discutée de façon consensuelle" entre le gouvernement et le parti de M. Gbagbo or "elle ne l'a pas été", a-t-il dit, ajoutant qu'avant de fixer une date convenant aux deux parties, il fallait mettre en oeuvre des dispositions", notamment concernant la "sécurité" de Laurent Gbagbo.La décision du président Ouattara d'autoriser Laurent Gbagbo à rentrer dans son pays en lui accordant les avantages dus à son rang d'ancien chef de l'Etat, avait été prise après son acquittement par la justice internationale de crimes contre l'humanité fin mars.Des négociations sur les conditions de ce retour après dix ans d'absence ont eu lieu ces dernières semaines entre le parti de M. Gbagbo et le gouvernement, qui veut éviter tout débordement au moment de l'accueil que souhaitent lui réserver à Abidjan ses partisans par milliers.M. Gbagbo avait été arrêté en avril 2011 après avoir contesté la victoire d'Alassane Ouattara à la présidentielle de 2010. Son refus d'admettre sa défaite avait alors provoqué une grave crise post-électorale ayant fait quelque 3.000 morts.C'est pour ces violences que M. Gbagbo avait d'abord été détenu dans le Nord de la Côte d'Ivoire, puis transféré fin 2011 à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, qui l'a définitivement acquitté de crimes contre l'humanité le 31 mars, à l'issue d'une longue procédure. Il vit depuis à Bruxelles.