Dépêches AFP

Rome salue la libération d'ex-collaborateurs de Mengistu réfugiés dans son ambassade

28 décembre 2020 à 12h20 Par AFP
L'Italie s'est réjouie lundi de la libération conditionnelle octroyée par les autorités éthiopiennes à deux ex-membres du régime du président Mengistu Haile Mariam, réfugiés depuis presque 30 ans dans l'enceinte de son ambassade à Addis Abeba. Le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio "exprime sa satisfaction" face à cette décision, qui "met fin à une très longue affaire, débutée en 1991 lorsque le gouvernement italien avait accueilli dans son ambassade des membres du Gouvernement militaire provisoire de l'Ethiopie socialiste pour des raisons purement humanitaires, afin de les protéger d'une éventuelle peine capitale", selon un communiqué de son ministère.Les deux responsables libérés sont l'ancien chef d'état-major Addis Tedla et l'ancien ministre des Affaires étrangères Berhanu Bayhe.Plusieurs dignitaires du régime répressif de Mengistu s'étaient réfugiés en 1991 dans l'ambassade italienne après la prise d'Addis-Abeba par les forces du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF).Selon l'AFP, sept personnes au total s'étaient réfugiées fin mai 1991 à l'ambassade italienne: outre Addis Tedla et Berhanu Bayhe, les deux derniers encore présents, le président par intérim, le général Tesfaye Gebre Kidane, l'ancien Premier ministre Haile Yemanu, ainsi que trois autres qui étaient parties rapidement.Haile Yemanu s'était suicidé en juin 1991 dans l'enceinte de l'ambassade, un geste motivé apparemment par la crainte d'être condamne pour sa participation au gouvernement de M. Mengistu. Le général Gebre Kidane y est mort en 2004.Mengistu Haile Mariam a été au pouvoir de 1974 à 1991, lorsque la défaite de l'armée éthiopienne face à l'EPRDF l'a contraint à se réfugier au Zimbabwe, sous la protection de Robert Mugabe.Il a été condamné pour génocide par contumace à la réclusion à perpétuité, puis, en appel, à mort le 26 mai 2008. Son régime est estimé responsable de la mort de 1,2 à 2 millions d'Ethiopiens.