Sénégal: 50 ans après, l'éclatement de la Fédération du Mali dans l'oubli

Par La rédaction

DAKAR (AFP)

La Fédération du Mali, première expérience fédérale africaine formée du Sénégal et de l'actuel Mali (alors appelé Soudan français), éclatait il y a cinquante ans, le 20 août 1960, sombrant à cause de divergences idéologiques et politiques et tombée depuis dans l'oubli.

Aucune manifestation publique officielle n'était au programme à Dakar vendredi en ce 50e anniversaire de l'éclatement de cette Fédération formée alors que le Sénégal et le Soudan étaient encore des colonies françaises, mais avec une semi-autonomie.

Vendredi, aucun média sénégalais n'en parlait."C'est une question qu'on a un peu oubliée", déclare à l'AFP l'universitaire et ancien homme politique sénégalais Assane Seck, né en 1919.

La Fédération du Mali, formée en janvier 1959 à Dakar, regroupait initialement le Sénégal, le Soudan français (maintenant Mali), la Haute-Volta (Burkina Faso) et le Dahomey (Bénin).

Ces deux derniers pays s'en retirent très vite et laissent seuls Sénégalais et Soudanais dans cette aventure fédérale, boudée également par le dirigeant ivoirien Félix Houphouët Boigny.

Le Soudanais Modibo Keïta est président du gouvernement fédéral et le Sénégalais Léopold Sédar Senghor préside l'Assemblée fédérale.

La Fédération va sombrer notamment devant les difficultés du partage des postes (présidence et assemblée, ministère des Affaires étrangères, chef d'Etat-major de l'armée).

Elle éclate dans la nuit du 19 au 20 août 1960, les Sénégalais dénonçant une "tentative de coup d'Etat de Modibo Keita", accusation rejetée par les Soudanais.

Le 21 août, les dirigeants soudanais, dont Modibo Keita et des ministres fédéraux, sont embarqués à Dakar dans un train à destination de Bamako.

Selon des historiens, la France n'a jamais été favorable à la Fédération du Mali et a oeuvré à son éclatement.

"L'éclatement de la Fédération du Mali est un évènement destructeur.La réussite de cette fédération devait marquer le début d'une fédération en Afrique de l'Ouest et dans toute l'Afrique.Nous avons échoué.Toute la balkanisation de l'Afrique vient de là", affirme à l'AFP Assane Seck.