Sénégal: hommage à un pionnier de la presse privée en Afrique de l'Ouest

Par AFP

AFRICA RADIO

Le Sénégal, la Guinée et le Mali ont rendu hommage lundi à l'un des pionniers de la presse privée en Afrique de l'Ouest, conseiller influent de plusieurs chef d'Etat, Babacar Touré, décédé dimanche à Dakar à l'âge de 69 ans.

Babacar Touré est l'un des principaux fondateurs en 1985 du groupe de presse Sud Communication, qui a innové en créant au Sénégal un quotidien, une radio et une école de journalisme et communication et en développant un réseau de correspondants dans toute l'Afrique de l'Ouest, en France et aux Etats-Unis. Le groupe a également détenu une chaîne de télévision, basée en France faute d'autorisation au Sénégal, qui a arrêté d'émettre au début des années 2000. Le paysage médiatique du Sénégal, pays considéré comme un modèle de démocratie en Afrique, compte à présent de nombreux quotidiens et chaînes de télévision et de radio privés.Le président sénégalais Macky Sall a rendu hommage sur Twitter à un "journaliste chevronné et pionnier de l'entreprise de presse et de la formation" des hommes de médias. Il "aura été de tous les combats pour la liberté et la démocratie", a-t-il estimé.Son homologue malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a également salué sur Twitter "un professionnel émérite, une référence pour des générations entières de journalistes (qui) prendra toute sa place dans l'Histoire de la presse africaine". Quant au président guinéen Alpha Condé, qui avait côtoyé M. Touré quand il était opposant, il s'est fait représenter par son ambassadeur au Sénégal lors de la levée du corps du journaliste lundi matin à Dakar.Babacar Touré, qui a aussi dirigé de 2012 à 2018 le Conseil national de régulation de l'audiovisuel (CNRA) du Sénégal, devait être inhumé plus tard dans la journée à Touba (centre), siège de l'influente confrérie musulmane des mourides dont il était un adepte.M. Touré a été consulté par les trois derniers présidents sénégalais, Abdou Diouf (1981-2000), Abdoulaye Wade (2000-2012) et Macky Sall, au pouvoir depuis 2000, et a influencé plusieurs autres dirigeants africains, notamment quand ils étaient dans l'opposition, selon des témoignages concordants.C'est "une perte immense pour le Sénégal et l'Afrique, leurs leaders politiques et intellectuels", a affirmé une figure de la société civile au Sénégal, Alioune Tine.Babacar Touré avait "une dimension panafricaniste". Son groupe de presse "a été un creuset" notamment pour "des Gambiens, des Burkinabè, des Maliens, des Mauritaniens", a souligné l'ancien journaliste de Sud Communication El Hadji Hamidou Kassé, actuellement conseiller du président Macky Sall pour les affaires culturelles.