Sierra Leone/minerai de fer: SL Mining va suspendre ses activités

20 septembre 2019 à 16h23 par AFP

AFRICA RADIO

La société minière SL Mining, propriété du négociant en matières premières américain Gerald Group, va suspendre les opérations de sa mine de fer en Sierra Leone en raison d'un conflit avec le gouvernement de Freetown, qu'elle accuse de tentative d'extorsion, a indiqué le groupe dans une lettre consultée par l'AFP.

Le gouvernement sierra-léonais avait imposé début juillet une interdiction d'exportation du minerai de fer produit par SL Mining à Marampa, à une centaine de kilomètres de Freetown.Il avait mis plusieurs conditions à la levée de cette mesure, dont le paiement d'un million de dollars, selon une lettre du ministre des Mines, Foday Rado Yokie, datée du 13 août.Le lendemain, la compagnie avait qualifié l'exigence du gouvernement de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest de "tentative d'extorsion".SL Mining a porté son différend devant la Chambre de commerce internationale (ICC) de Londres, pour une procédure d'arbitrage qui lui a donné raison, selon la lettre adressée jeudi à ses employés et dont l'AFP a obtenu copie vendredi."Le gouvernement sierra-léonais ne se conformant pas à la décision (d'arbitrage), SL Mining n'a pas d'autre solution que de suspendre entièrement" les activités sur son site, indique la société, en précisant que ses "investissements et travaux d'extension devront également être suspendus".La société explique qu'elle "continuera à défendre ses droits par tous les moyens légaux afin de pouvoir reprendre ses opérations" en Sierra Leone.L'économie de cette ancienne colonie britannique, gangrenée par la corruption, a été dévastée par une guerre civile (1991-2002) qui a fait quelque 120.000 morts. Elle reste fragile après les chocs de l'épidémie d'Ebola en 2014-2016 et de la chute des cours mondiaux des matières premières, dont la plus importante d'entre elles pour le pays, le minerai de fer.Après la cessation de l'exploitation du minerai de fer en novembre 2017, SL Mining a repris sa production cette année et a pu effectuer trois transports avant que le gouvernement suspende son droit d'exportation.Elu en mars 2018, le président Julius Maada Bio a mis en place une révision du secteur minier, estimant les concessions accordées par les régimes précédents à des sociétés étrangères n'avaient pas permis de suffisamment développer le pays, l'un des plus pauvres au monde.