Soudan: des stocks ONU pillés, le HCR réclame un accès d'urgence

Par La rédaction

GENEVE (AFP)

Le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a exhorté mardi Khartoum ainsi que le Kordofan-Sud à donner d'urgence un accès aux personnes prises dans les combats au moment où des stocks de l'ONU ont été pillés dans la région pétrolière.

"Nous appelons les autorités de Kadougli, capitale de l'Etat du Kordofan-Sud ainsi que le gouvernement central à autoriser un accès par air et par route pour les agences humanitaires qui tentent de venir en aide à des milliers de personnes déracinées par les combats", a indiqué une porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d'un point de presse.

Les combats ont repris le 5 juin entre les troupes nordistes et des membres de l'ancienne armée rebelle sudiste au Kordofan-Sud, seul Etat pétrolier du nord du pays.Selon le HCR, environ "41.000 personnes" ont fui Kadougli.

Mme Fleming a précisé que les vols humanitaires se sont vu refuser d'atterrir à Kadugli depuis plus d'une semaine.

"L'accès par la route est également empêché par des militaires en arme qui ont établi des barrages".

"Nos opérations sont gravement restreintes", a insisté Mme Fleming indiquant que les équipes du HCR n'étaient même pas en mesure d'atteindre un entrepôt situé à 5 km de la base de la mission de paix de l'ONU.

Par ailleurs, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Programme alimentaire mondiale (PAM) ont indiqué que des stocks leur appartenant avaient été pillés récemment.

L'entrepôt de l'OMS, contenant des médicaments et du matériel médical d'une valeur de 180.000 dollars, a été dévalisé le 10 juin, a indiqué un porte-parole.

De son côté, le PAM a également déploré le pillage d'un entrepôt ainsi que la disparition de deux véhicules et d'une moto.

En revanche, l'entrepôt de Kadougli "semble gardé par les autorités locales et ne pas avoir été endommagé", a expliqué une porte-parole du PAM, Emilia Casella regrettant toutefois "ne pas y avoir accès".

Les deux agences n'ont pas été en mesures de donner de précisions sur les auteurs de ces actions.

"Cela fait partie d'une situation globale d'insécurité", a estimé Mme Casella.