Tchad: des représentants de la diaspora dénoncent un "coup d'Etat" et le "soutien hâtif" de la France

Par AFP

AFRICA RADIO

Des représentants de la diaspora tchadienne exhortent la communauté internationale à "rejeter" ce qu'ils qualifient de "coup d'Etat" au Tchad et condamnent la "reconnaissance et le soutien hâtif apporté par la France à la junte militaire", selon une tribune transmise à l'AFP.

"La diaspora tchadienne de par le monde a appris avec effroi l'annonce du décès d'Idriss Déby Itno qui serait mort des suites de blessures lors des combats contre le Front pour l'Alternance et la Concorde au Tchad", écrivent dans cette tribune une vingtaine de représentants de cette diaspora dans plusieurs pays d'Afrique, d'Europe, aux Etats-Unis, au Canada fédérés en collectif. Parmi eux figure le journaliste et blogueur tchadien Makaila Nguebla, réfugié politique en France depuis 2013. "L'annonce de ce décès par un communiqué de presse de l'armée nationale tchadienne, suivi de la mise en place d'un Conseil militaire de transition présidé par Mahamat Idriss Itno, est un coup d'État et n'annonce pas une ère nouvelle tant souhaitée par le peuple tchadien", dénoncent les signataires."La diaspora tchadienne de tout horizon, après concertation" condamne un "coup de force militaire" et juge "inacceptable cette transition politique militaire", selon ce communiqué. Ces représentants de la diaspora demandent que la "lumière soit faite autour de ce décès" du président Idriss Déby Itno. Ils condamnent la "reconnaissance et le soutien hâtif apporté par la France à la junte militaire", qui selon eux "n'est pas l'émanation des autorités régulières", et appellent les "Tchadiens de l'intérieur du pays comme de l'extérieur à se lever pour s'opposer à cette monarchisation de la République en cours". Ils exhortent la "communauté internationale à rejeter ce coup d'État et à aider le peuple tchadien à organiser dans les meilleurs délais un dialogue national inclusif pour créer les meilleures conditions de transition et rompre définitivement le cycle infernal des violences politiques". "La diaspora reste mobilisée à travailler avec toutes les forces vives du Tchad pour un meilleur schéma transitionnel", conclut la tribune. La mort du président Déby, au pouvoir depuis 30 ans et partenaire-clé des Occidentaux contre les jihadistes au Sahel, a ouvert une période d'incertitude au Tchad où les rebelles ont promis de marcher sur la capitale N'Djamena.Le général Mahamat Idriss Déby, chef du Conseil militaire de transition instauré mardi après la mort de son père, "occupe les fonctions de Président de la République" du Tchad, selon une Charte de la Transition publiée mercredi sur le site de la présidence.Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a appelé mardi à une transition militaire d'une "durée limitée" qui conduise à un "gouvernement civil et inclusif".