Tchad: heurts meurtriers entre éleveurs et cultivateurs

Par AFP

AFRICA RADIO

Des affrontements entre éleveurs et cultivateurs ont fait de nombreux morts et blessés ces derniers jours dans le Sud-Est du Tchad, selon la Commission nationale des droits de l'Homme (CNDH, institution), des ONG tchadiennes et un hôpital de la région.

Aucun bilan précis n'est disponible. Les chiffres donnés par la CNDH et les ONG tchadiennes - qui n'expliquent pas leur méthode de comptage - et celui de l'hôpital varient énormément et ni le gouvernement ni les autorités locales, sollicités à plusieurs reprises par l'AFP, n'ont donné de bilan de ces derniers heurts sanglants entre éleveurs et agriculteurs, fréquents dans cette région."Le calme est rétabli" dans la zone, avait indiqué vendredi soir Cherif Mahamat Zene, porte-parole du gouvernement, à l'AFP.L'hôpital d'Am Timan, chef-lieu de la province du Salamat, a enregistré sept morts et 61 blessés à la suite de ces affrontements dans la sous-préfecture de Mouraya, a indiqué dimanche à l'AFP une source médicale."Plus de dix villages (...) ont été incendiés et l'on déplore à l'heure actuelle plus d'une centaine de pertes en vie humaines", a pour sa part indiqué la Commission nationale des droits de l'Homme (CNDH), une institution nationale chargée de formuler des avis au gouvernement, sans qu'il soit possible de vérifier ce chiffre.La CNDH dénonce le "manque d'anticipation" du gouvernement concernant ces conflits "devenus récurrents", estimant qu'il "a pêché encore une fois par inaction".Plusieurs ONG tchadiennes basées à N'Djamena, la capitale située à près de 800 km du lieu des affrontements, ont également fait état d'une centaine de morts."La mort suspecte d'un jeune homme de 21 ans a provoqué des batailles rangées entre les communautés arabes d'un côté et celles des kagals et des kibets de l'autre" entre mercredi et vendredi matin, a indiqué l'une d'elle, la Convention tchadienne de Défense des droits de l'Homme (CTDDH). "Ces affrontements très meurtriers (...) dans les villages de Sihep et d'Ambarit (45 km d'Am Timan)" ont fait "une centaine de mort au total", a-t-elle ajouté.Un chef de tribu arabe de la région a donné dimanche à l'AFP un bilan de 50 morts parmi les Arabes. Un membre influent de la tribu kibet dans le Salamat, interrogé par l'AFP, a de son côté fait état de "109 morts parmi les Kibets et les Kagals".Le Sud du Tchad, au climat plus clément et à la végétation plus verte, attire depuis longtemps les éleveurs des zones sahéliennes désertiques du Nord, et est une région de transhumance. Certaines communautés nomades arabes s'y sont installées de longue date et s'opposent aux agriculteurs autochtones dans des conflits fonciers.