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Tunisie: Amnesty appelle à enquêter sur la mort d'un jeune protestataire

28 janvier 2021 à 10h49 Par AFP
Amnesty International a appelé jeudi à enquêter sur les circonstances dans lesquelles un jeune protestataire a été tué dans le centre du pays la semaine passée, et un autre grièvement blessé, selon leurs proches par des cartouches de gaz lacrymogène. Quelques habitants de Sbeïtla (centre ouest) et des proches de Haykel Rachdi, 21 ans, décédé de ses blessures lundi, ont protesté jeudi devant la municipalité pour réclamer justice, mais aussi des efforts pour développer cette région marginalisée, selon un correspondant de l'AFP.Les incidents ont eu lieu le 18 janvier, lors d'une soirée marquée par des heurts entre des jeunes lançant des pierres et la police répliquant à coups de gaz lacrymogène, comme dans plusieurs autres localités du pays, où des contestations violentes ont éclaté mi janvier.Selon ses proches interrogés par Amnesty, Haykel Rachdi, blessé à la tête, a indiqué avant sa mort avoir été touché par une cartouche de gaz lacrymogène tirée par un policier en sa direction.Aymen Mahmoudi, 21 ans, également blessé au visage le 18 janvier, a indiqué à son père avoir été touché par une cartouche de gaz tirée à bout portant, selon les propos du père recueillis par Amnesty. Blessé sous l'oeil droit et opéré de quatre fractures au visage selon Amnesty, il est toujours hospitalisé.L'organisation de défense des droits humains réclame une enquête incluant "des auditions de témoins, des examens médicaux indépendants, et que ceux qui sont responsables de sa mort doivent être jugés". "L'impunité policière est un problème de longue date en Tunisie", a estimé la directrice adjointe d'Amnesty pour la région, Amna Guellali. "Pour casser le cycle de la violence, la justice devrait (...) s'assurer que la police rende des comptes", a-t-elle ajouté, rappelant que le tir tendu de gaz lacrymogène en visant des personnes était contraire aux standards internationaux d'usage légal de la force. Le ministère de l'Intérieur, qui avait annoncé l'ouverture d'une enquête sur le décès de Rachdi, n'a pas répondu aux questions de l'AFP.De nouveaux troubles ont eu lieu à Sbeïtla mardi en marge des funérailles, puis mercredi après-midi, entre quelques dizaines de jeunes et la police, selon un correspondant de l'AFP sur place, précisant que l'armée était déployée à travers la ville.