Tunisie: le procès pour viol de policiers reporté au 4 novembre

Par La rédaction

Tunis (AFP)

Le procès en Tunisie de policiers accusés d'avoir violé une jeune femme, une affaire qui avait provoqué un vaste scandale le parquet ayant voulu un temps inculper la victime, a été reporté jeudi au 4 novembre par le tribunal.

Le procureur a demandé le report d'audience, l'expertise médicale de la jeune fille n'étant toujours pas prête au grand dam des avocats de la défense.

A la demande des représentants de la victime du viol, le parquet a désigné en avril un médecin pour établir un bilan psychiatrique de la jeune femme violée mais celui-ci n'a toujours pas été établi.

"Ce n'est pas possible, on attend (de pouvoir plaider) depuis le 4 avril", a déclaré à la cour l'avocat d'un des trois policiers, Me Sami Rebaï.

"Ecoutez, nous devons avoir un dossier complet, l'expertise avant de pouvoir commencer", a rétorqué le juge.

Les avocats de la victime souhaitaient aussi obtenir ce report d'audience, la jeune femme vivant désormais en France mais souhaitant assister au procès, a indiqué Me Bochra Belhaj Hmida à l'AFP mercredi.

Trois agents de police sont poursuivis et incarcérés.Deux d'entre eux, Chawiki Ben Ammar et Walid Feriana, sont accusés de viol, et le troisième d'avoir extorqué de l'argent au fiancé de la victime.

Les policiers affirment avoir surpris en septembre 2012 la jeune femme et son fiancé en train d'avoir des relations sexuelles dans une voiture, en banlieue de Tunis.

Deux agents ont violé ensuite leur victime à tour de rôle, selon l'accusation tandis qu'un troisième policier conduisait le petit ami de la jeune femme jusqu'à un distributeur de billets pour obtenir de l'argent.

Le Parquet avait tenté d'engager sans succès des poursuites pour atteinte à la pudeur contre le couple, déclenchant un vaste scandale en Tunisie et une campagne de soutien à la victime à l'étranger. 

Le gouvernement, dirigé par les islamistes d'Ennahda, avait été vivement critiqué par l'opposition à l'époque car elle y voyait la preuve d'une islamisation rampante de la justice.

La jeune femme a publié en France un livre racontant son histoire sous le pseudonyme de Meriem Ben Mohamed et titré "Coupable d'avoir été violée".