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Tunisie: Nabil Karoui reste candidat malgré son arrestation (instance électorale)

24 août 2019 à 11h58 Par AFP
L'homme d'affaires Nabil Karoui figure toujours sur la liste des candidats retenus pour l'élection présidentielle malgré son arrestation, a annoncé samedi l'instance chargée des élections en Tunisie (Isie). 

Nabil Karoui, l'un des principaux candidats à la présidentielle anticipée prévue le 15 septembre, a été arrêté vendredi, un mois et demi après avoir été inculpé pour blanchiment d'argent. 

Un mandat de dépôt a été émis à l'encontre de Nabil Karoui et de son frère, Ghazi Karoui, également inculpé le 8 juillet pour blanchiment d'argent. 

"Après son arrestation et ce qui s'est passé hier, (Nabil Karoui) reste candidat et son nom reste sur la liste préliminaire des candidats et sur la liste définitive" qui doit être publiée le 31 août, a précisé Nabil Baffoun, président de l'Isie.

"Tant qu'il y a aucun changement dans les conditions de sa candidature et dans sa situation juridique, il est candidat à l'élection présidentielle", a-t-il ajouté dans une déclaration diffusée sur une radio privée.

Les candidatures de personnes condamnées au pénal peuvent être acceptées en Tunisie, sauf si les jugements sont assortis d'une interdiction de se présenter, a encore expliqué M. Baffoun.

Dans une première réaction, Rached Ghannouchi, le chef du parti d'inspiration islamique Ennahdha, principale force au Parlement, a dit n'être "pas ravi de cette arrestation ni de voir un parti ou un responsable de parti entravé".

"Nous tenons à l'indépendance de la magistrature et nous attendons des explications de la justice sur cette arrestation", a-t-il ajouté. 

Nabil Karoui ainsi que son frère Ghazi Karoui sont visés par une instruction judiciaire du pôle financier depuis 2017, après le dépôt par l'ONG anti-corruption I-Watch d'un dossier les accusant de fraude fiscale.

Le juge d'instruction au pôle financier avait décidé en juillet "le gel de leurs biens et de leurs fonds financiers" et ils avaient reçu l'interdiction de quitter le territoire.

M. Karoui, en tête de plusieurs sondages sur les intentions de vote, se dit ciblé par "des tentatives pour remettre en cause sa popularité croissante".