Un ancien ministre du Bénin mis en liberté conditionnelle en Espagne

Par AFP

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Komi Koutché, ancien ministre d'Etat du Bénin en charge des finances sous l'ancien président Boni Yayi, a été remis en liberté par les autorités espagnoles, a-t-on appris vendredi auprès de ses proches.

"Il a été mis en liberté conditionnelle après sa présentation à un juge le 17 janvier en attendant le procès sur la demande d'extradition" faite par le Bénin, a confirmé un de ses anciens collaborateurs à l'AFP. Komi Koutché, ancien ministre de la Communication puis ministre d'Etat chargé des Finances et de la Dénationalisation du Bénin, sous le régime de Thomas Boni Yayi, avait été interpellé à Madrid par la police espagnole le 14 décembre 2018. Il était en provenance de Dakar pour Paris où il devait animer le lendemain une réunion politique avec l'opposition béninoise (Force cauris pour un Bénin Emergent - FCBE, Renaissance du Bénin, Union Sociale Libérale, USL). "Pour le moment, il ne peut pas quitter le territoire espagnol", selon la même source. M. Koutché est "accusé par le gouvernement de Patrice Talon de détournement de deniers publics et de blanchiment de capitaux entre 2013 et 2016 pour un montant total de 700 millions (environ 1 million d'euros), explique-t-elle.L'ancien ministre est aussi poursuivi par la justice béninoise dans une affaire de mauvaise gestion du Fonds national de microfinance, une structure dont il a été le directeur général de 2008 à 2013.Ancien député de l'alliance politique FCBE de l'ancien président Boni Yayi, il s'était inscrit dans une université américaine où il suivait des cours depuis son départ du gouvernement début avril 2016. Un autre opposant de poids, Sébastien Ajavon, richissime homme d'affaires président de l'USL, est actuellement en exil en France, malgré un mandat d'arrêt international émis contre lui et dénonce un acharnement judiciaire contre les rivaux politiques et économiques du président Talon. Le pouvoir béninois réfute pour sa part un quelconque tournant autoritaire et maintient que la croisade anti-corruption lancée par le président Talon n'épargne personne.