Dépêches AFP

Un Festival de Marseille "réinventé" et solidaire avec l'Afrique

15 avril 2021 à 11h38 Par AFP
Avec la pandémie, "l'idée n'est pas juste de reprendre comme avant": pour son édition 2021, le Festival de Marseille, qui a annoncé sa programmation jeudi, se "réinvente", misant sur un soutien fort aux artistes de cette cité méditerranéenne et à ceux d'Afrique. "Toute cette crise est aussi une invitation à se réinventer", souligne pour l'AFP le directeur de ce festival qui accueillera entre autres du 17 juin au 11 juillet, puis du 24 au 29 août, la grande voix malienne Fatoumata Diawara, les danseuses égyptiennes de NASA4NASA ou Nach, artiste installée à Marseille et figure féminine du "krump", danse bourrée d'énergie née dans des quartiers pauvres de Los Angeles. Avec le Covid-19, des millions de personnes dans le monde se sont retrouvées cantonnées chez elles. Mais ce retour sur soi et sur l'espace proche a permis de redécouvrir un autre rythme, des solidarités et la richesse de l'environnement local.Le Festival se veut donc "tout d'abord un hommage à Marseille, à toute une nouvelle génération d'artistes créateurs" installés dans la deuxième ville de France qui regarde vers la Méditerranée "et le Sud"."On n'a pas voulu seulement être une plateforme mais un accompagnateur", souligne Jan Goossens. Le festival a donc coproduit la création ouvrant l'édition, "Forme(s) de vie" du chorégraphe Eric Minh Cuong Castaing, basé à Marseille. Avec sa compagnie Shonen, il mène depuis 2019, une exploration chorégraphique dans un centre de soins palliatifs et le spectacle réunira danseurs professionnels et adultes en perte de mobilité.Autre production du Festival, une "Parade", pleine de références au music-hall, au cirque et aux "ballrooms queers" de la compagnie l'Autre maison, fondée à Marseille par le Britannique Andrew Graham.Du 24 au 27 août, le Festival se mettra au rythme du "hip-hop non stop".Dans la situation sanitaire actuelle, "c'est difficile pour des artistes français ou européens mais c'est encore plus difficile pour les artistes à Tunis, au Caire, à Kinshasa ou à Maputo", où n'existe aucun mécanisme de soutien culturel, insiste Jan Goossens. "Si leurs liens avec l'extérieur s'effondrent, ils n'auront plus rien pour rester debout".Alors les Egyptiennes de NASA4NASA seront aussi en résidence, le cinéaste égyptien Tamer El Saïd, qui sut si bien capturer Le Caire (In the last days of the city) passera deux mois à Marseille et Panaibra Gabriel Kanda, fondateur de la première compagnie de danse contemporaine du Mozambique présentera "Time and Space: the Marrabenta solos" et "Borderlines".Le dramaturge de République démocratique du Congo, Michael Disanka montera lui "Sept mouvements Congo", chronique de jeunes Kinois disant leur rage et leurs rêves.