Un journaliste assassiné en Somalie

Par AFP

AFRICA RADIO

Un journaliste somalien a été assassiné près de Mogadiscio, a annoncé lundi la plice, devenant au moins le neuvième depuis 2017 dans un pays où exercer ce métier est particulièrement dangereux et difficile, selon les organisations de défense des droits humains.

Le journaliste indépendant Abdiweli Ali Hassan a été tué par balles dimanche à Afgoye à une trentaine de km de la capitale somalienne Mogadiscio."Plusieurs hommes armés ont attaqué le journaliste près de son domicile et l'ont tué", a indiqué à l'AFP l'officier de police Abdirahman Aweys en précisant que "les tueurs ont pris la fuite" avant l'arrivée des policiers sur place "quelques minutes après" l'assassinat.Ce journaliste indépendant collaborait à la télévision somalienne Universal TV basée à Londres et à la radio Kulmiye basée à Mogadiscio.Son assassinat est survenu peu après la publication le 13 février d'un rapport d'Amnesty International soulignant que les journalistes sont "en état de siège" en Somalie où ils sont confrontés aux attentats, aux passages à tabac, aux attaques et aux arrestations."Une recrudescence des attaques violentes, des menaces, du harcèlement et de l'intimidation des travailleurs des médias font de la Somalie un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes", selon Amnesty qui a appelé les autorités somaliennes à réagir.Celles-ci ont rejeté les conclusions du rapport, qualifiées "d'allégations ridicules" et accusé les journalistes somaliens qui ont fui le pays d'inventer des menaces pour s'assurer d'obtenir l'asile à l'étranger.Au moins huit journalistes ont été tués depuis 2017 et huit autres ont quitté la Somalie, assurant craindre pour leur vie, selon l'étude d'Amnesty.Reporters sans frontières place la Somalie à la 164e place sur 180 pays dans son dernier classement de la liberté de la presse, avec au moins 43 journalistes tués au cours des dix dernières années.Si les shebab, affiliés à Al-Qaïda et en lutte contre le gouvernement somalien, constituent la principale menace pour les journalistes, les forces de sécurité gouvernementales se rendent aussi coupables de nombreuses violations à leur égard.