Virus: plus d'un millier d'orpailleurs confinés à Niamey à leur retour du Burkina

Par AFP

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Environ 1.300 orpailleurs nigériens vivant au Burkina Faso voisin vont être "confinés deux semaines" dès leur retour vendredi soir à Niamey, pour prévenir la propagation du coronavirus qui frappe le Niger, a indiqué à l'AFP le ministre de la Santé, Idi Illiassou.

"1.307 personnes seront rapatriées et confinées pendant deux semaines à Niamey où elles seront suivies régulièrement par l'équipe médicale jusqu'à la sortie de leur confinement", a déclaré le ministre nigérien. Il s'agit "d'orpailleurs nigériens qui ont préféré quitter le Burkina comme les mines de l'orpaillage sont fermées du fait du COVID-19", a précisé le ministre.Ces orpailleurs "arriveront cette nuit (vendredi soir)", grâce à une opération "organisée par le gouvernement burkinabé, l'OIM et le Niger", a indiqué à l'AFP, Laouan Magagi, ministre de l'Action Humanitaire au Niger.Avant de regagner leurs villages respectifs, ils seront "confinés" à Séno, dans la périphérie de Niamey, où "un site a été spécialement aménagé", a indiqué de son côté une source humanitaire.Plusieurs milliers d'Ouest-Africains travaillent au Burkina Faso et au Niger sur des sites aurifères informels qui sont souvent le théâtre de violences.Début avril, un Burkinabé a été tué et 13 Nigériens blessés dans des affrontements entre orpailleurs à Kpologo, un village situé à proximité de Diébougou (sud-ouest Burkina Faso), selon les autorités nigériennes et burkinabè. Après ces violences, environ 3.000 orpailleurs nigériens avaient fui Kpologo pour se réfugier dans d'autres localités dont Ouagadougou, selon le ministère nigérien de l'Intérieur. Une partie de ces hommes font partie du groupe qui va rentrer au Niger. Le Niger et le Burkina Faso ont déjà fermé des sites aurifères dans le cadre de la lutte contre le jihadisme. Les site d'orpaillage sont parfois contrôlés ou rackettés par des jihadistes qui s'y approvisionnent aussi en explosifs.Outre la pandémie de coronavirus, les deux pays font face depuis plusieurs années à une spirale de violences de groupes jihadistes, qui frappe toute la région sahélienne.