Zimbabwe: le gouvernement accuse un évêque de pousser au "génocide"

Par AFP

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Le gouvernement zimbabwéen a accusé un évêque catholique de pousser au "génocide" dans son pays, après ses virulentes critiques contre la répression menée par le pouvoir du président Emmerson Mnangawa contre ses opposants.

Dans une lettre au ton inhabituel, la Conférence des évêques catholiques du Zimbabwe (ZCBC) a critiqué vendredi la répression "sans précédent" menée récemment par le pouvoir contre les opposants, s'inquiétant aussi de la crise économique et sociale qui ébranle le pays depuis plus de 20 ans.La ministre de l'Information, Monica Mutsvangwa, a estimé que cette lettre avait été rédigée sous la direction de "l'esprit maléfique" de l'archevêque Robert Ndlovu, président de la ZCBC.Elle l'a accusé de vouloir "attiser la psychose de la victimisation sociale" parmi les Ndebele, minorité ethnique du Zimbabwe à laquelle appartient l'archevêque Ndlovu, en cherchant à en rendre "coupables collectivement" les membres la majorité Shona, à laquelle appartient notamment le président Mnangagwa."Ndlovu mène lentement la congrégation catholique du Zimbabwe" vers "un génocide du type de celui du Rwanda" au cours duquel quelque 800.000 personnes essentiellement membres de la minorité tutsi avaient été massacrés par des membres de la majorité hutu.Ces remarques ont été vivement condamnées par la coalition formée autour du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, principal parti d'opposition) qui a condamné ce "discours de haine incendiaire" et demandé au gouvernement de s'excuser pour "ces remarques inacceptables"."Cibler un archevêque ndebele (...) est de la discrimination sur une base tribale" a tweeté Fadzayi Mahere, avocate et porte-parole de la coalition, mettant en garde contre une résurgence de "l'histoire du génocide" au Zimbabwe.Dans les années 80, quelque 20.000 Ndebele considérés comme des opposants avaient été massacrés dans le Sud du pays par l'armée de l'ex-président Robert Mugabe, lui-même membre de la majorité shona.