Niger: la justice autorise une manifestation contre les bases militaires étrangères

Par AFP

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La justice nigérienne a autorisé vendredi une manifestation de la société civile programmée dimanche pour réclamer le "départ des bases militaires étrangères" présentes dans cet Etat sahélien confronté depuis des années à des attaques jihadistes meurtrières, a indiqué à l'AFP un des organisateurs.

"Le 2 décembre la mairie (de Niamey) nous a notifié un arrêté d'interdiction de manifester le 5 décembre pour +risque de trouble à l'ordre public+ et nous avons saisi un juge de référé qui a rendu son verdict vendredi à 15h30 (locales)", a déclaré à l'AFP Maikoul Zodi, coordinateur national du mouvement Tournons La Page qui est à l'origine de la manifestation. En plus "d'une ordonnance de manifester", le juge "a demandé aux forces de l'ordre d'encadrer notre manifestation", a-t-il précisé. "Premièrement, la manifestation c'est pour demander le départ pur et simple de toutes les bases militaires étrangères notamment françaises. Cela fait huit ans qu'elles sont ici et nous n'avons pas constaté un changement par rapport à l'insécurité", a expliqué M. Zodi. La manifestation doit également "rendre hommage à nos frères tombés à Téra", une ville dans l'ouest du Niger où trois manifestants ont été tués samedi dernier après des heurts autour d'un convoi militaire français en route pour Gao, au Mali. "Le convoi de la Force française Barkhane sous escorte de la gendarmerie nationale en route pour le Mali, a été bloqué par des manifestants très violents à Téra, région de Tillabéri", avait affirmé le ministère nigérien de l'Intérieur dans un communiqué. Il ajoutait, sans préciser s'il faisait référence à la gendarmerie ou à la force Barkhane, que "dans sa tentative de se dégager elle a fait usage de la force", faisant deux morts et 18 blessés. Le Niger doit faire face aux attaques régulières et meurtrières de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et l'Etat islamique au Sahel dans l'ouest, et à celles de Boko Haram et de l'Etat islamique en Afrique de l'ouest (Iswap) dans le sud-est. Dans sa lutte contre les jihadistes, il bénéficie du soutien de plusieurs pays occidentaux dont la France et les Etats-Unis qui ont des bases militaires à Niamey, l'Allemagne y disposant d'une base logistique. Les Etats Unis dispose en outre d'une importante base de drones dans la région d'Agadez (nord) proche de la Libye.