Procès d'un Franco-rwandais: l'ex-épouse de l'accusé se dit "menacée"

Par AFP

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L'ex-épouse d'un Franco-Rwandais jugé à Paris pour complicité de génocide et de crime contre l'humanité, appelée à témoigner jeudi devant les assises, s'est dite "menacée" par les "amis" de l'accusé.

Médiatrice Muzengeyesu, qui vit dans la région de Rouen (Normandie, ouest) comme son ex-époux Claude Muhayimana, a affirmé que les "amis" rwandais de ce dernier la menaçaient de représailles s'il était condamné. "Ma voiture est dégradée, ils m'insultent lorsque je les croise", a-t-elle affirmé. Le ministère public a indiqué prendre ses déclarations au sérieux ajoutant qu'il transmettrait les informations au parquet de Rouen, car "si ces menaces sont avérées, c'est inacceptable". Claude Muhayimana, 60 ans, ancien chauffeur d'un établissement touristique de Kibuye (ouest du Rwanda), est accusé d'avoir transporté des miliciens Interhamwe, bras armés du régime génocidaire hutu, sur des lieux à Kibuye et dans les collines avoisinantes, où furent massacrés des dizaines de milliers de Tutsi. "J'ai vu de mes propres yeux mon mari conduire un véhicule transportant des Interhamwe qui chantaient +allons les exterminer+, et exhibaient leurs machettes", a répété Mme Muzengeyesu, elle-même tutsi. "Je ne peux pas affirmer qu'il a été forcé de le faire, il ne m'a jamais dit qu'il a été forcé. Il m'a dit que son travail était de conduire le véhicule", a-t-elle également dit. Elle s'exprimait en kinyarwanda, traduite par un interprète. Mais questionnée sur la personnalité de son ex-époux, elle a répondu en français: "manipulateur et menteur". "Mais je n'ai jamais vu Claude tuer quelqu'un", a-t-elle souligné, sans dévier de cette ligne et de ses précédentes déclarations prononcées pendant l'enquête. Claude Muhayimana, qui comparaît libre, est jugé depuis le 22 novembre devant les assises de Paris. Son procès, qui doit durer jusqu'au 17 décembre, est le troisième en France lié au génocide des Tutsi du Rwanda, orchestré par le régime hutu, et qui a fait plus de 800.000 morts entre avril et juillet 1994. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.