RDC: six civils et quatre rebelles ADF tués à Beni (armée)

Par AFP

AFRICA RADIO

Six civils ont été tués dans deux attaques dans la région de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo, par des rebelles du groupe armé musulman d'origine ougandaise Forces démocratiques alliées (ADF), a-t-on appris jeudi auprès de la société civile et de l'armée qui affirme avoir tué quatre rebelles.

Trois civils sont morts dans une première attaque qui a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi; les quatre rebelles ont été tués jeudi matin lors de l'offensive de l'armée pour les déloger. "Les Forces armées de la RDC ont réussi à neutraliser (tuer) ce matin (jeudi) quatre combattants ADF (...) Ces terroristes avaient déjà tué la nuit trois civils, deux femmes et un enfant, avant l'arrivée de l'armée régulière", a indiqué dans un communiqué le capitaine Antony Mualushayi, porte-parole de l'armée à Beni (Nord-Kivu). Ce "bilan est encore provisoire car les patrouilles de combats continuent sur le terrain", a-t-il ajouté, expliquant que ces rebelles ADF se sont attaqués à la population "dans le souci de s'approvisionner en nourriture et saboter les efforts de l'armée loyaliste". Lors d'une seconde attaque sur l'axe routier dangereux Beni-Kasindi qui mène à la frontière avec l'Ouganda, "trois civils ont été tués jeudi, leurs deux véhicules incendiés et des ADF ont emporté de la nourriture", a déclaré à l'AFP Ricardo Rupande, porte-parole des réseaux d'ONG de la société civile du secteur de Rwenzori. Les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri sont placées depuis le 6 mai sous état de siège, une mesure exceptionnelle pour lutter contre les groupes armés. Les autorités civiles y ont été remplacées par des officiers de l'armée et de la police. Mais des ADF se signalent régulièrement dans des massacres de civils dans cette zone. A l'origine, les ADF sont une coalition de groupes armés ougandais, dont le plus important était composé de musulmans, opposés au régime du président Yoweri Museveni. Ils sont installés depuis 1995 dans l'est congolais, où ils ont fait souche. Depuis avril 2019, certaines de leurs attaques sont revendiquées par l'organisation État islamique qui désigne le groupe comme sa "Province d'Afrique centrale" (Iscap en anglais). En mars dernier, les États-Unis ont placé les ADF parmi les "groupes terroristes" affiliés aux jihadistes de l'EI.