Sénégal: l'opposant Sonko, accusé de "viols", dit refuser un test ADN

AFRICA RADIO

4 novembre 2022 à 16h21 par AFP

Le principal opposant sénégalais Ousmane Sonko a indiqué vendredi à la presse avoir dit au juge son refus de se soumettre à un test ADN, lors de sa première audition jeudi pour des accusations de viols.

M. Sonko, 48 ans, candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2024, a été inculpé pour viols et menaces de mort et placé sous contrôle judiciaire en mars 2021, après avoir été visé en février 2021 par une plainte d'une employée d'un salon de beauté où il allait se faire masser pour soigner un mal de dos. "Est-ce que j'accepterais des prélèvements pour un test ADN ? J'ai dit +mais vous, est-ce que ça va ? Là-dedans (désignant sa tête), est-ce que ça va ? Vous n'avez aucune preuve et vous voulez que moi, je donne mon sang à des comploteurs ? (...) Mon sang, vous ne l'aurez jamais+", a déclaré Ousmane Sonko, lors d'une conférence de presse à Dakar. Il a affirmé qu'il avait répondu à deux autres questions du juge. "Est-ce que je reconnais avoir fréquenté les lieux ? - Oui. A quelle date ? - Je ne sais pas. Parce que moi je ne suis pas un robot et j'ai pas un calepin du matin au soir pour dire à telle heure j'étais ici", a-t-il dit. "Est-ce que je reconnais avoir entretenu des relations avec la dame ? - Je lui ai dit +je ne vous permets de pas me poser de telles questions. Quand un dossier de complot est si manifeste avec des preuves et que vous, vous n'avez aucune preuve, je ne vous permets pas vu le statut que j'ai+", a-t-il ajouté. M. Sonko a par ailleurs exposé longuement sa théorie du complot, orchestré selon lui par le président Macky Sall et des proches de ce dernier qu'il a cités nommément, pour l'éliminer de la course à la présidentielle de 2024. Il a assuré qu'il allait porter plainte contre l'ancien procureur de la République, disant détenir des preuves qu'il avait falsifié des documents de l'enquête pour le charger. Jeudi, un avocat de M. Sonko, Ciré Clédor Ly, avait déclaré à la presse que son client espérait un "non-lieu total par rapport à ces faits inexistants" et avait répondu aux questions "en éventrant le complot". Sa mise en cause puis son arrestation en mars 2021 avaient contribué à déclencher plusieurs jours d'émeutes, de pillages et de destructions, qui avaient fait au moins une douzaine de morts.