Sénégal: le principal opposant appelle au calme à la veille d'une convocation judiciaire

AFRICA RADIO

2 novembre 2022 à 18h36 par AFP

Le principal opposant sénégalais a appelé mercredi ses soutiens à rester calmes à la veille d'une convocation judiciaire à risque en raison d'un contexte politique tendu et d'un précédent dans la même affaire qui avait déclenché plusieurs jours d'émeutes meurtrières.

Ousmane Sonko, 48 ans, candidat déclaré à la présidentielle de 2024, est depuis 2021 sous le coup d'une inculpation pour viols présumés contre une employée d'un salon de beauté où il allait se faire masser. Sa mise en cause avait contribué à déclencher en mars 2021 plusieurs jours d'émeutes, de pillages et de destructions, qui avaient fait au moins une douzaine de morts. "Je demande à tout le monde solennellement de rester tranquillement chez soi ou alors de vaquer tranquillement à ses occupations", a déclaré Ousmane Sonko dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. "Si nous assumons de nous battre, nous assumerons. Nous n'en sommes pas là, chers concitoyens", a-t-il ajouté, évoquant une convocation "ordinaire", "exigée depuis très longtemps", "qui s'insère dans le cadre d'un dossier totalement vide". Selon lui, cette affaire est "un complot ourdi au sommet de l'Etat", un "piège" du président Macky Sall, qui mènerait une "stratégie du chaos" pour décrédibiliser son adversaire politique. Il cite pour preuve la mobilisation des forces de police et de gendarmerie pour la journée de jeudi. Dans la matinée, plusieurs membres de sa famille politique, la coalition "Yewwi Askan Wi" (Libérer le Peuple en langue wolof), avaient apporté leur solidarité à M. Sonko, promettant de "faire bloc" face à "toute injustice" et dénonçant une justice partiale pour les opposants. Deux autres adversaires du président, l'ancien maire de Dakar Khalifa Sall (sans lien de parenté) et l'ancien ministre Karim Wade, fils de l'ex-président, ont vu leur trajectoire interrompue par les ennuis judiciaires. Le pouvoir se défend de toute instrumentalisation de l'appareil d'Etat. M. Sonko, troisième à la présidentielle de 2019, tient un discours à la fois souverainiste, panafricaniste et social, pourfendant les élites et la corruption. Il pilonne aussi l'emprise économique et politique exercée selon lui par l'ancienne puissance coloniale française et les multinationales. Le président Macky Sall, élu en 2012 pour sept ans et réélu en 2019 pour cinq ans, reste muet sur ses intentions de se représenter pour la présidentielle de 2024.