Sextape au Cameroun: un célèbre journaliste reconnu coupable

AFRICA RADIO

3 mars 2022 à 17h36 par AFP

Un célèbre journaliste sportif camerounais a été reconnu coupable jeudi par un tribunal de Douala de "complicité de publications obscènes et atteinte à la vie intime" après la diffusion sur les réseaux sociaux de la sextape d'une jeune femme qui avait provoqué l'indignation du pays en juin 2021.

A cette époque, des photos et vidéos de Malicka Bayemi, âgée de 24 ans, entretenant des rapports sexuels dans le bureau à Douala de Martin Camus Mimb, directeur de Radio Sport Info, ont été diffusées sans son consentement sur les réseaux sociaux. Des internautes et associations de défense des droits des femmes avaient alors dénoncé la banalisation du sexisme et des violences sexuelles au Cameroun. M. Mimb a été condamné jeudi à quatre mois de prison ferme et à payer une amende de 500.000 francs cfa (750 euros). Il avait été écroué de juillet à novembre avant d'être remis en liberté. Wilfrid Eteki, chef traditionnel et ami du journaliste, auteur présumé de la sextape, poursuivi notamment pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "publications obscènes" sur les réseaux sociaux, a lui aussi été reconnu coupable et a été condamné à neuf mois de prison ferme et un million de francs CFA d'amende (1.500 euros). Les deux hommes sont aussi condamnés à payer solidairement ensemble la somme de 20,3 millions de francs CFA (environ 31.000 euros) à Malika Bayemi en réparation du préjudice subi. "C'est un verdict qui nous satisfait. En principe, nous voulions que le public prenne conscience qu'il y a des actes qu'il ne faut pas poser. Le challenge est réussi", a réagi Me Guy Moteng, avocat de la plaignante. "Nous allons interjeter appel dès demain matin. Nous pensons que le tribunal n'a pas correctement apprécié les faits en cause. Il s'agit de savoir comment on peut être complice de la diffusion d'une publication par un téléphone que l'on ne détient pas", a pour sa part déclaré à l'AFP Me Mireille Mbiiga Etia, avocate de M. Mimb. S'il a demandé "pardon" à la jeune femme, M. Mimb a toujours nié avoir participé à la diffusion des images. Il avait plaidé "non coupable", tout comme son proche.