Soudan: "trop tôt" pour savoir si les événements vont compromettre l'aide du FMI

Par AFP

AFRICA RADIO

Il est "trop tôt" pour savoir si les événements récents au Soudan pourraient remettre en cause le programme d'aide du Fonds monétaire international, a indiqué jeudi un porte-parole de l'institution.

Gerry Rice a rappelé que le Fonds avait approuvé en juin une aide "au titre de la facilité élargie de crédit" en faveur du pays. D'un montant de 2,47 milliards, cette aide doit s'étaler sur trois ans et trois mois. Ce financement doit faciliter la mise en oeuvre du programme gouvernemental de réformes nécessaires pour favoriser la croissance et réduire la pauvreté. "Les décaissements (...) sont conditionnés au passage en revue (de la situation économique) par le conseil d'administration", a-t-il rappelé lors d'une conférence de presse. "Pour le Soudan, cela interviendra au plus tôt, à la fin du mois de mars 2022", a-t-il ajouté. "Il est trop tôt pour dire si les récents événements auront un impact" également sur l'allégement de la dette. En échange de réformes drastiques dont la suppression de subventions sur les carburants, le FMI avait trouvé un accord pour alléger la dette du pays de 50 milliards sur environ trois ans, soit quelque 90% du total des sommes dues par le Soudan. "C'est une procédure qui se base sur des étapes" à franchir, a souligné Gerry Rice. Dix jours après le coup d'Etat du général Abdel Fattah al-Burhane, condamné par la communauté internationale, l'armée soudanaise a annoncé jeudi la formation "imminente" d'un gouvernement. M. Burhane, qui dirigeait de facto le pays depuis 2019 et la chute de l'ancien président Omar el-Béchir, a dissous le 25 octobre le gouvernement, arrêté les dirigeants civils et déclaré l'état d'urgence dans le pays. Depuis, le Soudan, englué dans le marasme politique et économique, est à l'arrêt entre militaires intransigeants et manifestants anti-putsch. La communauté internationale a appelé au dialogue et au retour du pouvoir civil. L'autre institution de Washington, la Banque mondiale, a, elle, annoncé avoir suspendu son aide en faveur du Soudan le jour même du coup d'Etat.