Une épouse hospitalisée après une intervention nocturne
L’opposant ougandais Bobi Wine a dénoncé samedi l’agression de son épouse par des soldats, lors d’un raid nocturne mené à son domicile alors qu’il est lui-même en fuite depuis plusieurs jours. Selon ses déclarations publiées sur le réseau social X, des centaines de soldats, « pour la plupart ivres », auraient fait irruption dans la nuit de vendredi à samedi. Ils auraient mis son épouse « en joue », avant de « l’étrangler et l’insulter ». « Ma femme a été transportée d’urgence à l’hôpital où elle est toujours hospitalisée, souffrant de traumatismes physiques et psychologiques », a-t-il affirmé. L’opposant a également diffusé des photos montrant son domicile saccagé.
Museveni's criminal son is still looking for me and issuing threats to harm me. Thankfully, our people are still keeping me safe. My wife is still recovering from the trauma of an overnight raid and assault. Thousands of our people have been violently arrested and detained. My… pic.twitter.com/Kho7OYaq13
— BOBI WINE (@HEBobiwine) January 26, 2026
Un climat de répression après l’élection présidentielle
Ces accusations interviennent dans un contexte politique extrêmement tendu en Ouganda. Le président sortant Yoweri Museveni, 81 ans, a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle la semaine dernière avec 71,65 % des suffrages, décrochant ainsi un septième mandat consécutif. Le scrutin du 15 janvier a été vivement critiqué par des observateurs internationaux et des ONG, qui ont dénoncé une répression accrue de l’opposition. Bobi Wine, principal rival du chef de l’État, a officiellement recueilli 24,72 % des voix, mais a qualifié les résultats de « truqués » avant de prendre la fuite dès le lendemain du vote.
I condemn in the strongest terms the violent attack on the home of Barbara Itungo, the brutal assault on her, her staff, and the continued persecution of the family of @HEBobiwine.
— Winnie Byanyima (@Winnie_Byanyima) January 24, 2026
A violent, militarised election can never reflect the will of the people. Kidnaps, abductions,… https://t.co/EqmIkp1srx
Menaces et précédents de violences
La situation de l’opposant est d’autant plus préoccupante que Muhoozi Kainerugaba, fils du président Museveni et chef de l’armée ougandaise, avait publié en début de semaine un message appelant à la mort de Bobi Wine, avant de le supprimer. Âgé de 43 ans, Bobi Wine n’en est pas à sa première confrontation avec le pouvoir. Lors de l’élection présidentielle de 2021, il avait déjà été arrêté, détenu et torturé, selon ses proches et ses avocats.
Appels pressants à la communauté internationale
Robert Amsterdam, l’un des avocats de Bobi Wine, a appelé la communauté internationale, et en particulier l’ONU, à « exiger des garanties immédiates et vérifiables quant à la sécurité de M. Wine et à lui permettre de rentrer sain et sauf auprès de sa famille ». « M. Wine n’a commis aucun crime », a-t-il insisté, affirmant que « son seul tort est d’avoir dénoncé, une fois de plus, la brutalité et le caractère dictatorial du régime du président Museveni, par le biais d’une opposition politique pacifique ».
A lire aussi : Ouganda. 30 membres de l'opposition tués et 2 000 arrestations, selon le chef de l'armée Muhoozi Kainerugaba
Des violences post-électorales dénoncées
Dirigé d’une main de fer depuis 1986 par Yoweri Museveni, l’Ouganda traverse une période de fortes tensions. Le chef de l’armée a affirmé vendredi que 30 membres de l’opposition avaient été tués et environ 2 000 de leurs partisans arrêtés depuis l’élection. Il a toutefois assuré que le pays était « désormais en paix » et promis de ne « plus publier aucun message menaçant ». De leur côté, l’ONU et l’Union européenne ont fait part de leurs vives préoccupations face aux violences post-électorales et à la situation des droits humains dans le pays.
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