Une convocation officielle après la diffusion de l’émission
Le ministère algérien des Affaires étrangères a annoncé samedi avoir convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger, en réaction à la diffusion, jeudi sur France 2, d’un numéro de l’émission Complément d’enquête consacré à la crise diplomatique entre les deux pays. Dans un communiqué, Alger qualifie le reportage de « tissu de contre-vérités » et va jusqu’à dénoncer « une véritable agression contre l’État algérien, ses institutions et ses symboles ».
La participation de l’ambassadeur français vivement critiquée
Les autorités algériennes mettent également en cause la participation de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, intervenu dans l’émission depuis Paris. Ce dernier dirige actuellement l’ambassade à distance, après avoir quitté Alger à la demande du président Emmanuel Macron, dans un contexte de crise bilatérale persistante depuis l’été 2024. Pour Alger, cette présence à l’antenne constitue un élément aggravant, renforçant ce qu’elle considère comme une mise en cause directe de la position algérienne.
#Algérie_France#Ministère_des_Affaires_étrangères
— Radio Algérienne (@radioalgerie) January 24, 2026
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Le Sahara occidental au cœur des tensions
Dans ce numéro de Complément d’enquête, Stéphane Romatet revient notamment sur la décision prise par Emmanuel Macron fin juillet 2024 de soutenir la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara occidental, territoire disputé. Cette prise de position française avait provoqué le rappel de l’ambassadeur d’Algérie à Paris et ravivé les tensions entre Alger et Paris. L’Algérie soutient les indépendantistes du Front Polisario, opposés à la souveraineté marocaine sur ce territoire.
🔴Selon une note confidentielle du contre-espionnage français, les services de renseignement algériens feraient pression sur des élus d’origine algérienne. L’objectif ? « Faire la promotion de l’algerianité », selon une élue locale que #Complementdenquete a réussi à joindre. pic.twitter.com/gVBYCg0v9H
— Complément d'enquête (@Cdenquete) January 22, 2026
Une relation politique au point de rupture
Toujours dans l’émission, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, proche du président algérien Abdelmadjid Tebboune, affirme que le soutien de Paris à Rabat sur le dossier du Sahara occidental « a mis fin à la relation » entre les deux chefs d’État. Cette déclaration illustre la profondeur de la crise diplomatique actuelle, marquée par une dégradation continue des relations franco-algériennes et une accumulation de contentieux politiques et mémoriels.
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Une crise diplomatique toujours sans issue
Depuis l’été 2024, les relations entre la France et l’Algérie restent durablement tendues, sans signe clair de normalisation. La convocation du chargé d’affaires français constitue un nouvel épisode de cette crise, révélant l’extrême sensibilité des autorités algériennes à toute prise de parole publique jugée hostile ou déséquilibrée.
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