Une mobilisation massive dans le nord-est parisien
Au cri de « On n’est pas contre la police, on est contre la police qui nous tue », plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Paris en soutien à la famille d’El Hacen Diarra, décédé dans la nuit du 14 au 15 janvier après son interpellation. Le rassemblement s’est tenu au pied du foyer de travailleurs migrants du nord-est de la capitale où vivait le trentenaire, et devant lequel il avait été violemment interpellé. Une semaine plus tôt, un premier hommage avait déjà réuni plusieurs centaines de personnes.
Derrière une banderole demandant « Justice » pour El Hacen Diarra et souhaitant « paix à son âme », plusieurs membres de sa famille portaient des tee-shirts noirs sur lesquels étaient inscrits les mots « Justice et Vérité ». Parmi eux, sa cousine Diankou Sissoko confie sa douleur et son scepticisme face à l’issue judiciaire : « Ça fait très, très mal. On est là parce que c’est notre devoir, nous sommes sa famille. Mais je ne crois pas du tout qu’il y aura une justice. Avant El Hacen, il y a déjà eu d’autres morts, et il n’y a jamais eu de justice. » Elle décrit son cousin comme « quelqu’un de gentil, souriant, réservé », se disant « vraiment surprise » par la version policière le présentant comme agressif.
Une vidéo au cœur des investigations
La version des policiers fait actuellement l’objet d’investigations. Une vidéo filmée par un voisin, diffusée par la famille, montre deux policiers interpellant El Hacen Diarra, plaqué au sol. Sur les images, l’un des agents, à genoux, lui assène deux coups de poing. Selon une analyse sonore réalisée à la demande de la famille, on entend la victime crier : « Vous m’étranglez ! ». Après son interpellation, El Hacen Diarra a été conduit au commissariat, où il est décédé quelques heures plus tard. Une enquête judiciaire a été ouverte et des examens complémentaires à l’autopsie ont été ordonnés afin de déterminer les causes exactes de la mort.
La présence des deux policiers mis en cause continue de susciter l’indignation. « Ils sont toujours en exercice », a indiqué à l’AFP Anne Baudonne, élue communiste locale. « On ne comprend pas pourquoi le ministre de l’Intérieur n’a pas jugé légitime de les suspendre. » Invité à réagir, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a déclaré dimanche au Parisien que « rien ne dit, à ce stade, quelles sont les causes de la mort », tout en affirmant que « le fonctionnaire qui, sur les images, met deux coups de poing, devra s’expliquer ».
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Une mobilisation portée par des figures engagées
Dans le cortège, plusieurs prises de parole ont eu lieu depuis un char, notamment celle d’Assa Traoré, figure emblématique de la lutte contre les violences policières en France. Sa présence a renforcé la dimension politique et symbolique de la mobilisation, qui dépasse désormais le seul cadre de ce drame individuel.
Pour la famille d’El Hacen Diarra et leurs soutiens, la manifestation vise à maintenir la pression afin que « toute la lumière » soit faite sur les circonstances de sa mort.
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